Les Israéliens craignent de plus en plus les capacités des services de renseignement iraniens et leurs opérations d’espionnage de plus en plus nombreuses à l’intérieur des territoires occupés par Israël.
Ces craintes ont poussé le régime israélien à imposer des mesures de censure plus strictes et à désactiver des systèmes sensibles de suivi des missiles (STSS). Cette mesure laisse les communautés israéliennes du nord de la Palestine occupée « opérationnellement aveugles », selon les informations disponibles.
L’armée israélienne a récemment bloqué l’accès à un système d’alerte de sécurité utilisé auparavant par les services d’urgence et les autorités locales du nord de la Palestine occupée pour suivre les zones d’impact des missiles, ont rapporté jeudi le site web israélien Ynet.
Selon Ynet, cette décision fait écho aux craintes des autorités israéliennes qui estiment que les services de renseignement iraniens peuvent infiltrer le système de suivi des missiles de l’armée du régime sioniste et utiliser ces informations pour améliorer la précision des futures frappes contre des cibles israéliennes.
Cette décision a été prise malgré la poursuite des tensions le long de la frontière entre la Palestine occupée et le Liban, où les attaques israéliennes contre le sud du Liban et les ripostes du mouvement de résistance libanais Hezbollah se poursuivent même après un cessez-le-feu provisoire.
Ces restrictions ont intensifié la frustration et la panique parmi les responsables israéliens dans le nord de la Palestine occupée, qui estiment que la décision de l’armée les a empêchés de réagir plus efficacement lors des attaques. Dans ce sens, Assaf Langleben, chef du Conseil régional de Haute Galilée, a mis en garde contre une « cécité opérationnelle » causée par cette paralysie.
Il a déclaré : « C’est absurde ! Le Hezbollah sait où il tire, et nous devrions donc au moins le savoir aussi pour être capables de gérer les incidents et préparer les réponses que nous sommes tenus d’apporter. »
Le maire de Kiryat Shmona, Avichai Stern, a fustigé lui aussi cette décision et a déclaré : « Nous priver [de ce système] revient à abandonner encore plus de gens dans une zone où la plupart des habitants manquent déjà de protection. »
« Maintenant, on ne nous donne même plus la possibilité d’aller secourir la population et de sauver les gens pendant les incendies », a-t-il ajouté.
« Nous sommes devenus myopes comme des taupes »
Dans les colonies israéliennes du nord de la Palestine occupée, des responsables de sécurité évoquent des scènes de confusion et d’impuissance lors des récentes alertes aux missiles. L’un d’eux a avoué que lorsque les sirènes retentissaient, les colons agissent « comme des taupes quasi aveugles ».
Il a averti : « Sans ce système, je ne sais plus où aller. Nous sommes confrontés à une nouvelle vague d’attaques : le Hezbollah va de nouveau cibler nos foyers, et les colons en paieront le prix. »
Un autre responsable de la sécurité a critiqué la réaction de l’armée israélienne : « Personne ne nous parle, ne nous explique rien, ni ne se sent redevable envers nous. Ils nous coupent tout simplement la parole. »
« Au sein de l’armée, au lieu de s’attaquer au problème des fuites et de les prévenir, ils ont choisi la solution plus facile et ont exclu tout le monde ; ils ont décidé de manière irresponsable de nous punir », a-t-il ajouté.
En effet, cette crise témoigne des inquiétudes croissantes du régime israélien quant à l’influence grandissante des services de renseignement iraniens dans les territoires palestiniens occupés.
Après la guerre des Douze Jours contre l’Iran en juin 2025, les autorités israéliennes ont considérablement renforcé la censure militaire, et interdisent aux médias internationaux et locaux de se rendre sur les lieux précis des frappes de missiles ou révéler les dommages causés aux installations stratégiques.
Par ailleurs, la crainte augmente quant aux opérations d’espionnage compte tenu des rapports israéliens qui indiquent que ces dernières années, des dizaines de colons ont été inculpés d’espionnage au profit de la République islamique d’Iran. Les services de renseignement iraniens recrutant des Israéliens par le biais d’incitations financières pour photographier des sites sensibles et participer à des opérations à l’intérieur de l’entité sioniste.
Les médias israéliens ont révélé cette semaine que l’Iran a obtenu des informations hautement sensibles liées à l’Institut d’études de sécurité nationale (INSS), l’un des plus importants groupes de réflexion israéliens sur la sécurité, lié à la fois à l’armée et à l’université de Tel-Aviv.
Selon certaines informations, les services de renseignement iraniens auraient recueilli des données personnelles sur des chercheurs – dont d’anciens hauts responsables de la sécurité israélienne – ainsi que des détails sur des réunions confidentielles entre des membres de l’INSS et l’armée israélienne, alimentant ainsi l’inquiétude au sein des services de sécurité israéliens.