Le gouvernement soudanais a officiellement demandé la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de la Ligue arabe au niveau des représentants permanents, afin d’examiner les récentes attaques menées par l’Éthiopie contre le territoire soudanais.
Selon le quotidien Rai Al‑Youm, Khartoum a annoncé dans un communiqué que sa mission permanente auprès de la Ligue arabe avait adressé une note officielle aux États membres pour engager les consultations en vue de fixer la date de cette réunion exceptionnelle.
Le ministre soudanais des Affaires étrangères, Muhyiddin Salem, a auparavant déclaré lors d’une conférence de presse qu’à la suite d’une attaque de drones menée par les Émirats arabes unis et l’Éthiopie contre l’aéroport de Khartoum, le Soudan avait rappelé son ambassadeur en Éthiopie, Elzein Ibrahim Hussein.
Il a souligné que l’aéroport est une infrastructure civile protégée par le droit international, ajoutant que son ciblage représente « une violation flagrante des normes internationales ».
En outre, le chef de la diplomatie soudanaise a affirmé que des preuves fiables démontrent que l’attaque a été lancée depuis le territoire éthiopien, la qualifiant d’« acte hostile de la part d’un pays frère ». Il a précisé que deux messages officiels avaient été adressés à l’Éthiopie et aux Émirats arabes unis à ce sujet.
Pour sa part, le porte‑parole de l’armée soudanaise, Assim Awad Abdul Wahab, a déclaré que les drones ont été lancés depuis l’aéroport de Bahir Dar, en Éthiopie, et qu’ils avaient pénétré.
l’espace aérien soudanais pour viser des sites militaires et civils, dont l’aéroport de Khartoum. Il a indiqué que la défense aérienne soudanaise avait abattu l’un des drones.
L’analyse des données récupérées a révélé qu’il s’agissait d’un drone émirati lancé depuis le territoire éthiopien, a-t-il expliqué, qualifiant cette attaque de « violation de la souveraineté du Soudan » qui « ne restera pas sans réponse ».
Ceci tombe alors que les Émirats arabes unis avaient précédemment nié toute ingérence dans les affaires soudanaises.
Le 6 mai 2025, le gouvernement de Khartoum avait annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, les accusant d’apporter un soutien militaire aux Forces de soutien rapide (FSR), engagées dans un conflit armé contre l’armée soudanaise.
Dans ce contexte, le secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed Aboul Gheit, a fermement condamné les attaques de drones menées lundi contre au moins trois sites stratégiques dans l’État de Khartoum, dont l’aéroport international.
Selon ses termes, le ciblage d’infrastructures civiles et vitales, « cette fois depuis des bases situées hors du territoire soudanais », constitue une grave escalade militaire et une menace pour la paix et la sécurité régionales, qui aggrave la situation humanitaire et sécuritaire déjà critique au Soudan.
M. Aboul Gheit a réaffirmé le soutien total de la Ligue arabe au Soudan pour préserver sa sécurité, sa souveraineté, son unité et son intégrité territoriale, ainsi que ses infrastructures et institutions nationales.
En outre, il a averti que de tels actes « quelle qu’en soit l’origine » visent à étendre le conflit et à saper les efforts déployés par la communauté internationale, notamment par les États arabes et africains, dans le but de réduire les tensions et d’instaurer un climat propice à un dialogue civil inclusif au Soudan pour préserver la souveraineté, l’unité et l’intégrité territoriale du pays et répondre aux attentes de sa population.
Il a appelé toutes les parties à s’abstenir de toute action susceptible d’entraver les efforts intensifs régionaux et internationaux visant à parvenir à un cessez‑le‑feu global, à relancer le processus de Djeddah pour le règlement de la crise soudanaise et à initier un dialogue national inclusif.
Depuis avril 2023, les Forces de soutien rapide sont engagées dans un conflit de grande ampleur avec l’armée soudanaise. Les affrontements ont fait des milliers de morts et de blessés et provoqué le déplacement d’environ 13 millions de personnes, selon les estimations.