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Procès pénal contre les dirigeants norvégiens pour complicité dans le génocide perpétré contre les Palestiniens

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Jens Stoltenberg, l'ancien secrétaire général de l'OTAN

Une plainte a été déposée contre plusieurs personnalités politiques norvégiennes de premier rang, dont le Premier ministre Jonas Gahr Store, pour complicité présumée dans la campagne génocidaire menée par Israël à Gaza.

La plainte allègue que ces responsables ont effectué des investissements susceptibles de contribuer à des crimes de guerre, notamment par le biais de participations dans des entreprises d'armement exportant vers Israël ; ce qui implique qu’il ont, en effet, enfreint la loi norvégienne, qui intègre les dispositions du Statut de Rome contre le génocide, a rapporté mardi le média britannique Middle East Eye.

Cette plainte, initiée par le groupe d’activistes Grandmothers Against Genocide (Grag), se concentre sur la crise humanitaire dans la bande de Gaza, où Israël a tué plus de 72 000 Palestiniens depuis octobre 2023.

Selon des documents consultés en exclusivité par Middle East Eye, le parquet norvégien a officiellement recommandé au Kripos, le service national d'enquêtes criminelles, d'enquêter sur l'affaire, revenant ainsi sur sa décision de la classer sans suite. 

Parmi les responsables politiques visées par la plainte, figurent des personnalités connues comme Jens Stoltenberg, ancien secrétaire général de l'OTAN, et Espen Barth Eide, actuel ministre des Affaires étrangères.

La plainte vise également le directeur général du Fonds souverain norvégien, Nicolai Tangen, et Ida Wolden Bache, gouverneure de la Banque centrale de Norvège.

Le fonds souverain norvégien, doté de 2 200 milliards de dollars et connu sous le nom de Government Pension Fund-Global (GPFG), (Fonds de pension gouvernemental-Étranger » en français), s'est désengagé de 35 entreprises israéliennes en 2025, invoquant des manquements à sa politique éthique au sujet de ses investissements.

Cependant, il conserve ses contributions dans 29 autres entreprises israéliennes suite aux vives critiques formulées par les États-Unis en septembre 2025, lorsque le département d'État américain a exprimé son inquiétude quant à la décision du désinvestissement, prise par la Norvège.

À ajouter qu’une proposition concernant le désinvestissement global des entreprises associées à des crimes de guerre a été rejetée par le Parlement norvégien en juin, principalement dû à l'opposition du Parti travailliste au pouvoir.

Toutefois, Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les territoires palestiniens occupés, a publiquement mis en garde contre les conséquences juridiques de tels investissements, prévenant contre la violation potentielle du droit international.

Kirsti Maehle, cofondatrice de Grag, a déclaré que poursuivre les responsables politiques constituera une étape cruciale pour établir les responsabilités de ceux qui ferment les yeux sur les souffrances à Gaza.

« Ils siègent au Storting, notre Parlement, et votent en faveur de ces investissements. Cela a fini par l’approbation à la contribution à des crimes contre l'humanité ; ce qui est absolument scandaleux », a-t-elle affirmé.

Terje Einarsen, professeur de droit à l'Université de Bergen, a lui aussi donné son avis sur la question, apportant son expertise juridique à la plainte déposée contre le gouvernement.

« Les dirigeants du gouvernement norvégien étaient probablement pleinement conscients des principaux crimes et des contributions effectives menées par plusieurs des entreprises possédées partiellement par le Fonds », a détaillé M. Einarsen

Cet avocat a, de plus, ajouté qu’« il n’est pas juridiquement nécessaire que les responsables politiques norvégiens aient personnellement eu l’intention ou le désir de contribuer aux atrocités en question.

Ils peuvent donc être tenus légalement responsables de complicité dans un ou plusieurs crimes. »

En juin 2025, un rapport exhaustif de 118 pages a été publié par une coalition internationale des universitaires nommée Historiens pour la Palestine. Ce rapport, qui détaille les investissements du fonds dans des entreprises liées à des crimes de guerre, a également, été joint à cette plainte comme preuve.

 

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SOURCE: FRENCH PRESS TV