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L’Iran au dixième rang mondial de la production de l’acier, en dépit des attaques terroristes israélo-américaines

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

L’Iran conserve sa dixième place parmi les principaux producteurs mondiaux d’acier, avec une production de 7,26 millions de tonnes au cours du premier trimestre 2026, et ce, malgré les attaques terroristes menées par les États-Unis et le régime israélien contre le pays à partir du 28 février.

Cette performance a été enregistrée alors que l’Association mondiale de l’acier (Worldsteel) a publié un rapport pour estimer que le Vietnam, avec une production de 6,4 millions de tonnes sur les trois premiers mois de l’année, aurait dépassé l’Iran pour s’affirmer à la dixième place mondiale.

« Les estimations de Worldsteel sont tout à fait fausses », a réagi Mehdi Mohammadi, président de l’Association des producteurs d’acier en Iran.

Selon lui, sur la période allant de fin décembre 2025 à fin mars 2026 — qui correspond au premier trimestre 2026 —, l’Iran a produit 7,26 millions de tonnes d’acier.

« Worldsteel s’est tout simplement trompé », affirme-t‑il, en soulignant que l’Iran demeure le dixième producteur mondial, derrière le Brésil (8,1 millions de tonnes).

Cette réussite illustre l’ampleur de l’industrie sidérurgique iranienne et sa capacité de résilience dans un contexte géopolitique et économique extrêmement tendu. Le 7 avril, plusieurs installations sidérurgiques, notamment les aciéries de Mobarakeh (Ispahan) et du Khouzestan, situées respectivement au centre et dans l’ouest du pays, ont été touchées par des attaques américaines et israéliennes.

Ces frappes ont provoqué d’importantes perturbations, touchant notamment des installations principales comme les hauts fourneaux, laissant prévoir de fortes baisses de production.

Nader Soleimani, président exécutif de l’Association iranienne des producteurs d’acier, reconnaît que certains secteurs ont subi des dommages, mais réfute fermement toute allégation évoquant un arrêt total de la production ou l’incapacité d’atteindre les objectifs fixés.

Selon lui, les capacités nationales et l’expérience acquise dans la fabrication des composants à l’intérieur du pays par les moyens nationaux permettront une reconstruction des installations endommagées avec un minimum de difficultés.

L’Iran dispose actuellement d’une capacité de production annuelle d’environ 33 millions de tonnes d’acier. Toutefois, le taux d’utilisation de ces capacités n’a été que de 63 % l’an dernier. Les professionnels du secteur estiment qu’en l’absence de restrictions énergétiques, ce taux pourrait augmenter cette année.

Dans d’autres secteurs de l’industrie sidérurgique, notamment la production de poutres et de barres d’armature, les usines fonctionnent déjà à pleine capacité, sans difficulté majeure.

Dans les zones touchées par les attaques, les experts estiment que, même dans le scénario le plus pessimiste, la reconstruction et la reprise complète de la production se réaliseraient en moins de neuf mois.

Le complexe sidérurgique de Mobarakeh (province d’Ispahan), par exemple, reste opérationnel dans secteurs principaux, dont la production de brames, de matières premières destinées aux bobines laminées à chaud et le laminage de profilés, malgré des dégâts.

À court terme, le seul défi éventuel concerne la possibilité d’une insuffisance de minerai, estimée à un maximum de 50 000 tonnes par mois. Toutefois, le maintien des approvisionnements du complexe Mobarakeh sur le marché des matières premières — entre 167 000 et 180 000 tonnes ces derniers jours — témoigne d’une relative stabilité.

Les autorités indiquent que seul le secteur des bobines laminées à chaud pourrait être confronté à un manque relatif. À cet effet, le ministère de l’Industrie, des Mines et du Commerce a délivré, le cas échéant, des permis d’importation au complexe Mobarakeh afin de pallier ce manque.

Ces dernières semaines, certains spéculateurs du marché ont exagéré sur des dégâts causés aux infrastructures du complexe Mobarakeh, ce qui pourrait attiser des tensions sur le marché quant à une soi-disant « pénurie d’acier ». Ces spéculations ont malheureusement contribué à l’augmentation du prix des produits dérivés, notamment l’automobile.

Par conséquent, après ces fausses spéculations, les prix ont considérablement augmenté sur le marché automobile au cours des deux dernières semaines, les vendeurs essayant justifier la hausse des prix par une pénurie de tôles d’acier.

Jeudi, lors d’une réunion avec des constructeurs automobiles, des équipementiers et des importateurs, le ministre iranien de l’Industrie, des Mines et du Commerce, Mohammad Atabak, a toutefois assuré qu’il n’existait aucune inquiétude quant à l’approvisionnement en tôles nécessaires au maintien de la production dans le secteur automobile.

Certes, la guerre et les sanctions peuvent influer sur les modalités de la production industrielle, mais les capacités techniques et le niveau de production restent rassurants, selon les experts.

Ces derniers s’attendent à ce qu’après la baisse des tensions, les aciéries endommagées, dont celle du complexe Mobarakeh, reprennent rapidement leur production, comme d’autres cas en Iran l’ont parfaitement démontré par le passé.

En 2018, les sanctions imposées sous le premier mandat présidentiel de Donald Trump à l’industrie sidérurgique iranienne avaient eu comme effet un tournant industriel majeur favorisant la fabrication de composants industriels à l’intérieur du pays par des moyens nationaux. À l’époque, la dépendance par rapport les importations de pièces détachées exigeait un budget en devises étrangères équivalent d’environ 4,5 milliards de dollars américains.

Face à l’interdiction des ventes de pièces détachées, l’Iran a mobilisé ses entreprises à forte valeur ajoutée et des fabricants nationaux. Le pays a donc lancé un vaste programme de production nationale de 26 000 articles et pièces nécessaires à l’industrie sidérurgique.

Le ministère iranien de l’Industrie, des Mines et du Commerce et la société holding IMIDRO pour les industries minières et métallurgiques ont soutenu cette démarche en interdisant l’enregistrement des commandes de pièces importées déjà produites à l’intérieur du pays.

Cette mesure a permis à la fois de freiner les sorties de devises et d’encourager des fabricants nationaux à développer et à prospérer leurs activités.

À l’heure actuelle, la consommation de devises pour la fourniture de pièces nécessaires pour les lignes de production de l’industrie sidérurgique a baissé de 140-145 dollars à environ 45-50 dollars. Cela signifie que tous les composants fabriqués à l’intérieur du pays, des fours aux convertisseurs en passant par les installations auxiliaires, sont produits à l’intérieur de l’Iran.

L’Iran n’assure pas seulement le besoin intérieur du pas en matière d’acier, mais il est aussi un grand exportateur, et a pu conserver sa dixième place mondiale pendant le premier trimestre 2026, malgré la guerre israélo-américaine.

En effet, l’Iran est engagé fermement dans une lutte, où l’erreur stratégique de l’ennemi d’attaquer infrastructures civiles du pays ne pourra pas briser la détermination de la nation iranienne.

Avant la Révolution islamique de 1979, la production annuelle d’acier ne dépassait pas le taux d’un million de tonnes par an. Après la Révolution, malgré la Défense sacrée des années 1980-1988 et de lourdes contraintes économiques, l’Iran est parvenu à augmenter dans un premier temps le taux de sa production d’acier d’environ 400 000 tonnes pour atteindre 1,2 million de tonnes par an.

Le premier plan quinquennal de développement national a ensuite permis de porter la production nationale à 7,5 millions de tonnes par an. Cette volonté nationale inébranlable a conduit l’Iran, après la victoire de la Révolution islamique de 1979, à élaborer des plans de développement visant une production annuelle de plus de 55 millions de tonnes.

Ainsi l’Iran a occupé la dixième place mondiale devant des pays comme la France et l’Italie. L’Iran a maintenu cette place grâce à une combinaison de l’autonomie technique et des capacités de redressement rapide.

Les attaques israélo-américaines contre le complexe Mobarakeh et les complexes sidérurgiques du Khouzestan visaient à briser cet élan. Au lieu de cela, ces attaques ont ouvert un nouveau chapitre dans la longue histoire des capacités de l’Iran à transformation les pressions étrangères en opportunité et en puissance pour les industries nationales.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV