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L’accord commercial UE-Mercosur est entré en vigueur à titre provisoire

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Après 25 ans de négociations, l’accord de libre-échange entre les pays du Mercosur et l'Union européenne est entré en vigueur à titre provisoire le vendredi. Cet accord créera un marché transatlantique d'une valeur de 22 000 milliards de dollars et compte 720 millions de consommateurs potentiels.

Les négociations débutées en 1999 ont été suspendues en 2024 pour enfin aboutir à un accord signé à la mi-janvier et entré provisoirement en application à partir du 1er mai.

La Cour de justice de l’Union européenne n’a toutefois pas encore confirmé la légalité de l’accord et, en cas de son contestation, il sera suspendu. Pourtant, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen avait essayé de contourner le Parlement européen pour pouvoir le mettre en œuvre.

Négocié avec le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et la Bolivie, l'accord UE-Mercosur a été signé le 17 janvier à Bruxelles, après plus de 25 ans de longues discussions. Il vise à supprimer les droits de douane sur plus de 90 % des échanges commerciaux entre les deux parties, dans le but de créer l'une des plus vastes zones de libre-échange au monde. Toutefois, tous les Européens ne l’approuvent pas, dont les agriculteurs et les organisations environnementales.

La France, principal opposant, s'inquiète des conséquences négatives que l'accord pourrait avoir sur ses agriculteurs. Ainsi le président français Emmanuel Macron, plaide pour des mécanismes de contrôle et de prévention des perturbations économiques majeures au sein de l'UE, un renforcement de la réglementation dans les pays du Mercosur, notamment par des restrictions sur l'utilisation des pesticides, et des contrôles à l'importation plus stricts dans les ports de l'Union européenne.

De l’autre côté, des pays sud-américains défendent l’accord du Mercosur. Par exemple, le président brésilien Lula da Silva, fervent défenseur de l'accord, a récemment signé un décret approuvant sa mise en œuvre dans son pays. Il a déclaré que cette mesure est une réponse aux droits de douane unilatéraux imposés l'année précédente par le président américain Donald Trump et une réaffirmation du multilatéralisme.

« Il n'y a rien de mieux que de croire en la mise en œuvre de la démocratie, du multilatéralisme et de relations cordiales entre les nations », a promis le président brésilien, lors d'une cérémonie à Brasilia, pour célébrer cette étape importante après plus de 25 ans de négociations.

De plus, Lea Valls, chercheuse au sein du laboratoire d’idées Fundação Getulio Vargas, basé à Rio de Janeiro, estime que cet accord offre de meilleures perspectives face à l'unilatéralisme mondial. D’après Mme Valls, il est possible pour de grands blocs de parvenir à un accord dans un monde où le système multilatéral s'affaiblit considérablement et où les États-Unis cherchent clairement à l'influencer.

Plus précisément, au titre de cet accord, les industries agroalimentaires sud-américaines, notamment dans les secteurs de la viande bovine, des fruits et des minéraux, anticipent une hausse de leurs exportations vers l'Europe. En outre, les constructeurs automobiles, les entreprises pharmaceutiques et les sociétés technologiques européennes espèrent également accéder aux marchés du Mercosur.

Toutefois, dans les deux parties, existent des groupes qui s'opposent à cet accord. D’un côté, les entreprises implantées dans les pays du Mercosur s'inquiètent de la concurrence féroce avec leurs homologues européens dans les industries de pointe ; alors que de l’autre côté, les agriculteurs européens s'inquiètent des pressions inflationnistes et des importations qui ne respectent pas les mêmes normes environnementales.

A cet égard, l’accord planifie de supprimer progressivement les barrières commerciales et les droits de douane dans les deux blocs, tout en maintenant des clauses de sauvegarde économique permettant aux pays européens de protéger certains secteurs, tels que la volaille, le bœuf, le sucre et les fruits, contre une concurrence excessive.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV