Le ministère iranien des Affaires étrangères a catégoriquement dénoncé la décision des autorités bahreïnies de déchoir de leur nationalité des dizaines de ressortissants pour « glorification des opérations de représailles iraniennes » et « sympathie » envers la République islamique dans le contexte de la guerre d’agression israélo-américaine.
Dans un communiqué publié mercredi 29 avril, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï a condamné « le châtiment inhumain infligé par le régime d’Al-Khalifa à la noble nation bahreïnie », qualifiant cette mesure de violation flagrante des droits de l’homme et un signe du comportement discriminatoire des responsables bahreïnis à l’égard de la nation.
M. Baghaï a également évoqué la guerre psychologique menée par Bahreïn contre l’Iran, soulignant que le régime d’Al-Khalifa ne pouvait détourner l’attention de l’opinion publique bahreïnie et régionale de sa responsabilité directe et de son soutien à l’offensive américano-israélienne contre les Iraniens.
Le 27 avril, le ministère de l’Intérieur bahreïni a annoncé avoir déchu de leur nationalité 69 personnes et les membres de leurs familles, les accusant d’avoir « exprimé leur soutien aux frappes (de représailles) iraniennes » contre des installations militaires américaines et israéliennes en Asie de l’Ouest, dans le contexte de la guerre d’agression déclenchée le 28 février contre la République islamique d’Iran.
Le ministère a également accusé ces personnes de mener des activités « portant atteinte à la sécurité nationale », notamment en publiant sur les réseaux sociaux des « messages de louange et de soutien » adressés aux mouvements de résistance réionaux ; des contenus que le ministère juge « susceptibles de déstabiliser l’ordre public ».
Cette décision intervient alors qu’en mars, un groupe d’opposition bahreïni avait affirmé que le régime d’Al-Khalifa avait torturé à mort un jeune homme pour lui extorquer des aveux contre l’Iran.
L’association al-Wefaq a déclaré à l’époque dans un communiqué que les forces du régime avaient arrêté Sayyed Mohammed al-Moussawi ainsi qu’un certain nombre d’autres jeunes à un point de contrôle de sécurité sur l’île d’al-Muharraq, et les avaient emmenés vers un lieu inconnu sans fournir de raison claire pour cette mesure.
Alors que la famille de Moussawi n’avait absolument aucune information sur l’endroit où il se trouvait, elle a été choquée de recevoir son corps sans vie, portant des signes de torture, quelques jours plus tard.
Le régime d’Al-Khalifa, qui persécute depuis longtemps les musulmans chiites et les militants prodémocratie à Bahreïn, a intensifié ses mesures répressives depuis le début de la guerre illégale lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février.
L’appareil sécuritaire et judiciaire bahreïni a violemment réprimé de jeunes manifestants sous de faux prétextes d’espionnage au profit de l’Iran et a désigné certains d’entre eux comme membres présumés de groupes antigouvernementaux liés à Téhéran.
Selon des sources bien informées, les autorités bahreïnies ont arrêté quelque 200 personnes sous de fausses accusations d’espionnage au profit de l’Iran depuis le début de la guerre en février.
Les autorités bahreïnies ont adopté la position la plus ferme parmi les membres du Conseil de coopération du golfe Persique (CCGP) à l’égard de Téhéran, en condamnant les frappes de représailles légitimes de l’Iran contre des intérêts américains dans ce pays, ce qu’elles qualifient d’atteinte à leur souveraineté.