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Les forces israéliennes interceptent une flottille à destination de Gaza en Méditerranée

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Cette photo, prise le 23 avril 2026, montre la flottille mondiale Sumud se préparant à appareiller pour Gaza à Syracuse, en Italie. ©AP

Les forces israéliennes sont intervenues pour stopper une importante flottille humanitaire à destination de Gaza, interceptant plusieurs navires en eaux internationales à l’aide de drones, de brouillage des communications et d’unités d’arraisonnement armées, selon les organisateurs de la flottille.

Les organisateurs de la Flottille mondiale Sumud ont déclaré, ce jeudi 30 avril, que leurs navires avaient été approchés par les forces israéliennes alors qu’ils naviguaient en Méditerranée.

« Nos bateaux ont été approchés par des bateaux rapides militaires, se présentant comme israéliens, pointant des lasers et des armes d’assaut semi-automatiques, et ordonnant aux participants de se rendre à l’avant des bateaux et de se mettre à quatre pattes », peut-on lire dans un communiqué publié par le groupe participant à la flottille sur les réseaux sociaux.

Le groupe a ajouté : « Des bateaux militaires israéliens ont illégalement encerclé la flottille en eaux internationales et proféré des menaces d’enlèvement et de violence. »
La flottille a également signalé avoir perdu le contact avec plusieurs navires : « Toute communication avec 11 navires a été perdue et les médias israéliens affirment que 7 bateaux ont été interceptés. Les gouvernements doivent agir maintenant pour protéger la flottille. »

La radio de l’armée israélienne, citant une source anonyme, a indiqué que les forces israéliennes avaient commencé à prendre le contrôle de navires se dirigeant vers la bande de Gaza, sept des 58 navires ayant été interceptés près de l’île grecque de Crète.

L’ambassadeur du régime israélien auprès des Nations unies, Danny Danon, a déclaré que la flottille avait été « stoppée avant d’atteindre » ce qu’il a appelé « notre zone ». Il a décrit les participants de la flottille humanitaire comme « un groupe d’agitateurs délirants en quête d’attention ».

De son côté, Gur Tsabar, porte-parole de la flottille, a qualifié l’incident d’« attaque pure et simple contre des bateaux civils non armés dans les eaux internationales ».

S’exprimant depuis Toronto sur les ondes d’Al Jazeera, il a déclaré que l’opération se déroulait « à des centaines de kilomètres » des territoires occupés par Israël et que les navires étaient « encerclés et menacés en moyen des armes à feu ».

« C’est illégal au regard du droit international. Israël n’a aucune juridiction dans ces eaux. Arraisonner ces bateaux équivaut à une détention illégale, voire à un enlèvement en haute mer », a-t-il indiqué.

« Il est crucial que tous les gouvernements agissent immédiatement. Chaque gouvernement a l’obligation de protéger les plus de 400 civils à bord et de faire respecter le droit international. Le silence en ce moment équivaut à de la complicité pure et simple. »

Tariq Raaouf, un militant présent à bord de l’un des navires, a indiqué que les forces navales israéliennes avaient encerclé la flottille en moyen de grands navires et de petits bateaux pneumatiques rigides. 

« Depuis ces navires militaires, plusieurs bateaux semi-rigides militaires plus petits ont commencé à encercler nos embarcations. Des drones nous ont entourés et ont émis des signaux lumineux. Nous avons également reçu des messages de l’armée israélienne par radio, nous accusant de violer le droit international et nous sommant de cesser nos activités », a-t-il déclaré.

Raaouf a ajouté que l’opération s’était déroulée sur plusieurs heures, alors que la flottille faisait route vers la Crète en eaux internationales.

« Nous avons perdu le contact avec plusieurs de nos bateaux », a-t-il indiqué, précisant que les communications de la flottille étaient brouillées par l’armée israélienne qui diffusait de la musique sur les ondes radio, dans le cadre d’une « sorte de tactique de guerre psychologique ».

« Nous sommes en eaux internationales, et il s’agit donc d’un acte véritablement sans précédent de la part d’Israël, car nous sommes très loin de Gaza », a-t-il ajouté.

Des sources israéliennes ont par ailleurs indiqué que l’opération visait à prendre la flottille par surprise en l’interceptant loin de Gaza. La flottille se trouvait alors à environ 600 milles nautiques (1 111 km) de Gaza.

Les interceptions précédentes du régime israélien avaient eu lieu beaucoup plus près des côtes de Gaza, l’incident le plus éloigné ayant été recensé à 72 milles nautiques (133 km).

Plus de 50 navires transportant des militants de plusieurs pays avaient quitté l’Italie quelques jours auparavant, dans le cadre de ce que les organisateurs ont décrit comme la plus importante mission d’acheminement d’aide humanitaire par voie maritime vers Gaza.

Au cours d’une opération similaire, menée en octobre dernier, les forces israéliennes ont intercepté une quarantaine de bateaux de la flottille et arrêté plus de 450 participants. Parmi les personnes détenues figuraient notamment le petit-fils de Nelson Mandela, la militante écologiste Greta Thunberg et la députée européenne Rima Hassan.

Certaines personnes détenues ont par la suite fait état de violences physiques et psychologiques subies en détention. Le régime sioniste a ensuite expulsé les militants.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV