La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen a mis en garde contre les répercussions de la guerre israélo-américaine contre l'Iran qui pourraient nuire à l’Europe pendant des années alors que la flambée des prix de l'énergie continue de menacer les marchés mondiaux.
S'exprimant devant le Parlement européen à Strasbourg mercredi 29 avril, la cheffe de la Commission a déclaré que l'Europe devait faire face à une « dure réalité ». Les conséquences de cette guerre non provoquée, a-t-elle avertit, « pourraient se faire sentir pendant des mois, voire des années ».
« Il s'agit de la deuxième crise énergétique en quatre ans et la leçon à en tirer doit être très claire », a-t-elle noté. « Notre dépendance excessive aux énergies fossiles importées nous rend vulnérables. »
Mme Von der Leyen a également souhaité que « les cessez-le-feu en Iran et au Liban soient respectés » et souligné l’urgence de « rétablir la paix et la stabilité par la voie diplomatique ».
Les États-Unis et Israël ont lancé une nouvelle offensive militaire contre l'Iran le 28 février, environ huit mois après avoir mené des attaques non provoquées contre le pays.
Cette agression s’est soldée par le martyre du Leader de la Révolution islamique, l'Ayatollah Seyyed Ali Khamenei, de plusieurs commandants militaires et de centaines de civils iraniens, dont des femmes et des enfants.
En riposte immédiate, les forces armées iraniennes ont lancé des opérations de missiles et de drones visant les positions israéliennes dans les territoires palestiniens occupés, ainsi que les infrastructures militaires et les intérêts américains dans la région. L'Iran a également fermé le détroit d'Ormuz à la navigation liée à ses ennemis.
La Banque mondiale a indiqué dans ses dernières Perspectives des marchés des matières premières, publiées mardi, que les attaques contre les infrastructures énergétiques et les perturbations du trafic maritime dans le détroit ont provoqué le plus important choc d'approvisionnement en pétrole jamais enregistré.
Le prix du kérosène en Europe a plus que doublé depuis la fermeture du détroit d'Ormuz. Michael O'Leary, PDG de Ryanair, la principale compagnie aérienne low-cost européenne, a averti mardi que certaines compagnies aériennes du continent pourraient faire faillite si le prix du kérosène restait élevé.
« Si les prix restent élevés plus longtemps cet été, nous pensons que plusieurs de nos concurrents européens vont rencontrer de sérieuses difficultés financières », a-t-il averti, rappelant que la pression ne s'atténuerait pas tant que le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz ne reprendrait pas. « Il faut que le détroit rouvre au plus vite. »
Malgré un cessez-le-feu conclu entre Téhéran et Washington début avril, le président américain Donald Trump refuse de lever le blocus naval illégal imposé aux ports iraniens du golfe Persique.
L'Iran souligne que les perturbations dans le détroit d'Ormuz sont une conséquence directe des actions américaines.