De nouvelles données révèlent que les États-Unis font actuellement face à une flambée des prix de l'essence, le coût moyen ayant atteint son plus haut niveau depuis près de quatre ans.
Selon les données de l'American Automobile Association (AAA), mardi 28 avril, le prix à la pompe s'élevait en moyenne à 4,18 dollars le gallon, soit une hausse de 11 cents pour le seul mois et une augmentation substantielle de 1,19 dollar depuis fin février, alimentée par les tensions persistantes au Moyen-Orient et les problèmes rencontrés par les raffineries américaines.
Cette flambée des prix fait suite à la guerre d'agression menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran fin février.
D'après ces données, les prix ont augmenté de plus de 40 % en si peu de temps. Le prix du pétrole brut Brent a connu une forte hausse d'environ 16 % la semaine dernière, tandis que celui du West Texas Intermediate (WTI) a progressé de près de 13 %.
Ces augmentations sont liées à l'enlisement des efforts visant à résoudre le conflit avec l'Iran, pays qui exerce une influence considérable sur le commerce mondial du pétrole.
Au début du mois, un espoir fugace de stabilisation de la situation dans le détroit d'Ormuz – voie maritime essentielle au transport du pétrole – avait émergé, mais cet espoir s'est disparu, entraînant de nouvelles pressions sur les prix.
Ce week-end, l'important site de BP à Whiting, dans l'Indiana, qui traite 440 000 barils de pétrole par jour, a subi une panne de courant inattendue, entraînant l'arrêt temporaire d'une unité.
Phillips 66 effectue des travaux de maintenance planifiés sur sa raffinerie de Wood River, dans l'Illinois, d'une capacité de traitement de 356 000 barils par jour. Ces travaux devraient durer environ 45 jours, ce qui pourrait limiter la production et impacter les chaînes d'approvisionnement.
De plus, la raffinerie Robinson de Marathon Petroleum, également dans l'Illinois, d'une capacité de 253 000 barils par jour, fait l'objet de ses propres travaux de maintenance. Ces travaux de maintenance planifiés devant se prolonger jusqu'à la mi-mai, l'effet cumulatif de ces arrêts de raffineries risque de maintenir la chaîne d'approvisionnement en essence tendue, entraînant une nouvelle hausse des prix à la pompe.
Les démocrates envisagent des poursuites judiciaires contre Trump
Parallèlement, des membres démocrates du Congrès étudieraient la possibilité d'intenter une action en justice contre le président américain Donald Trump s'il décidait de poursuivre l'agression contre l'Iran au-delà du délai légal de 60 jours sans autorisation du Congrès.
Selon des sources proches du dossier citées par Time, les discussions entre les parlementaires démocrates n'en sont qu'à leurs débuts, mais pourraient s'accélérer si Trump persiste dans cette guerre sans approbation explicite.
La Résolution sur les pouvoirs de guerre (War Powers Resolution) exige que le président cesse les opérations militaires après 60 jours, sauf si le Congrès déclare la guerre ou adopte une loi autorisant le recours à la force.
À l'approche du 1er mai, plusieurs représentants démocrates ont exprimé leur conviction que cette date représente peut-être leur meilleure opportunité de contester juridiquement ce qu'ils considèrent comme une intervention militaire non autorisée.
Le sénateur Richard Blumenthal du Connecticut, également avocat et membre des commissions judiciaires et des forces armées, a souligné la nécessité de s'opposer par voie juridique aux agissements du président américain.
« Il faut envisager une action en justice », a-t-il déclaré, notant que la possibilité d'un litige est un élément crucial pour renforcer l'autorité du Congrès en matière de pouvoirs de guerre.
Reprenant les propos de Blumenthal, le représentant Ted Lieu de Californie, figure importante du groupe démocrate à la Chambre des représentants, a fait valoir qu'une action en justice pourrait renforcer la position du Congrès.
« Je suis tout à fait favorable à une action en justice », a-t-il dit, insistant sur le fait qu'une base juridique solide serait essentielle si l'administration ne respectait pas le délai légal.
Ted Lieu a par ailleurs souligné que l'absence de qualité pour agir rendrait la Résolution sur les pouvoirs de guerre inefficace, sapant ainsi l'autorité du Congrès en matière militaire.
L'Europe confrontée à une pénurie de kérosène dans un contexte de conflits au Moyen-Orient
Entre temps, l'Europe est aux prises avec des pénuries potentielles de kérosène en raison des perturbations des importations en provenance du Moyen-Orient causées par l'agression israélo-américaine.
Des données récentes révèlent que les importations de kérosène en provenance de cette région, qui représentaient historiquement près de 60 % de l'approvisionnement extérieur de l'Europe, sont au point mort, ce qui soulève de sérieuses inquiétudes quant à l'adéquation des approvisionnements en carburant alors que la demande explose durant la haute saison estivale.
Les pays européens, en particulier ceux membres de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), consomment environ 1,6 million de barils par jour (bpj) de kérosène. Or, la production nationale des raffineries européennes n'atteint qu'environ 1,1 million de bpj, créant un déficit d'environ 500 000 bpj qui doit être comblé par les importations.
L’arrêt des livraisons en provenance d’Asie de l’Ouest aggrave considérablement le déséquilibre entre l’offre et la demande, faisant craindre une pénurie. Le ministre suédois de l’Énergie a averti que, malgré la stabilité actuelle de l’approvisionnement en kérosène, de fortes incertitudes planent sur l’avenir.