Le Haut Conseil iranien des droits de l'homme a condamné le blocus imposé par les États-Unis aux ports iraniens et la saisie du Touska, navire commercial iranien, qualifiant ces actes de crimes allant au-delà de la piraterie maritime et du terrorisme d'État, et constituant un châtiment collectif contre des millions de civils iraniens.
Dans un communiqué publié samedi, le Conseil a fermement dénoncé les agissements criminels des États-Unis, notamment le blocus des ports et l'attaque armée menée contre le navire Touska dans les eaux omanaises.
Il a affirmé que ces actes constituent une agression militaire et une violation systématique et organisée des droits humains fondamentaux du peuple iranien.
Le communiqué souligne en outre que les États-Unis ont tenté de dissimuler leurs crimes en invoquant des arguments juridiques et relatifs aux droits humains contre l'Iran, tout en affirmant que leurs propres actions violent « tous les principes et valeurs humains, moraux et relatifs aux droits de l'homme ».
Selon l'organisme iranien, le blocus des ports iraniens a restreint l'accès des citoyens aux médicaments, à la nourriture, au carburant et à d'autres biens essentiels.
« L'attaque contre Touska et la prise d'otages de son équipage constituent un exemple concret de violation du droit à la sécurité de la personne, du droit au travail et du droit à l'intégrité physique et psychologique », indique le communiqué.
Invoquant le droit international relatif aux conflits armés, le Conseil a souligné que l'action des États-Unis constitue une violation flagrante de l'accord de cessez-le-feu conclu entre l'Iran et les États-Unis le 8 avril et un exemple manifeste d'acte d'agression au sens de l'article 3 de la résolution 3314 de l'Assemblée générale des Nations Unies.
Le Conseil a également déclaré que l'agression militaire navale américaine, menée sans respect des principes de distinction, de proportionnalité et de précaution – et ciblant arbitrairement des civils et des infrastructures non militaires – constitue un crime de guerre au sens de l'article 8 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
Le Haut Conseil des droits de l'homme a exhorté avec insistance les mécanismes internationaux de défense des droits humains et les organes compétents des Nations Unies à demander au Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme et au Comité des droits économiques, sociaux et culturels de déclarer formellement que le blocus du port et la saisie de navires commerciaux constituent une « punition collective » et une violation du droit à la subsistance et au développement.
L’organisation iranienne a exhorté le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire à qualifier la prise d’otages de l’équipage du navire iranien par les États-Unis de « détention arbitraire et contraire aux normes internationales » et à exiger leur libération immédiate.
Elle a également appelé le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à convoquer une session spéciale pour condamner le blocus et souligner la nécessité d’identifier les responsables et de les traduire en justice.
Par ailleurs, elle a exhorté la communauté internationale et les États membres de l’Organisation maritime internationale à condamner explicitement cette action, à exiger des États-Unis qu’ils rendent pleinement des comptes et à insister sur une indemnisation pour les préjudices matériels et moraux subis par les marins et leurs familles.
« Le silence face à de tels crimes ne fera qu’aggraver l’impunité des agresseurs et portera atteinte de manière irrévocable aux normes fondamentales des droits de l’homme, au droit humanitaire et au droit des conflits armés », prévient le communiqué.
Il ajoute que la responsabilité de toute nouvelle escalade dans la région et de toute violation continue des droits humains du peuple iranien incombe entièrement au gouvernement américain.