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Maroc : indignation suscitée par la profanation du mur historique de Bab Doukkala par des colons israéliens

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)

Une vague de colère a déferlé dans la ville de Marrakech, après que des colons israéliens ont effectué des rituels talmudiques devant le mur historique de Bab Doukkala, dans cette ville marocaine.

En réponse à l’appel du Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation, des centaines de Marocains se sont rassemblés ce vendredi dans les rues de Marrakech pour exprimer leur soutien à la cause palestinienne et rejeter toute normalisation avec Israël.

Les manifestants ont brandi des pancartes sur lesquelles on peut lire : « Non à l’implantation des sionistes dans notre pays ». Ils ont aussi scandé des slogans, tels que : « Ô sioniste lâche, le captif ne sera jamais humilié », « Le peuple exige la fin de la normalisation ».

Sur les réseaux sociaux, la diffusion d’une vidéo montrant des Israéliens vêtus d’habits religieux hassidiques en train d’effectuer des rituels talmudiques devant le mur historique de Bab Doukkala a provoqué une indignation virulente.

De nombreux internautes ont dénoncé cet acte provocateur, le qualifiant d’une tentative de transformer ce mur marocain en « nouveau Mur des Lamentations » ; un plan qui, selon eux, aboutira à une infiltration sioniste dans le tissu culturel et spirituel marocain.

À la suite de cette profanation, des jeunes marocains ont nettoyé le mur de Bab Doukkala avec de l’eau et des détergents pour, d’après leurs mots, « purifier ce lieu historique de la souillure de la présence des occupants ».

À ce propos, l’Observatoire marocain contre la normalisation a mis en garde contre l’accélération du processus d’influence israélienne au Maroc. Selon cette organisation, la performance de pratiques talmudiques à proximité d’un monument patrimonial « ne relève pas du tourisme culturel, mais d’une stratégie concertée visant à reconfigurer les symboles nationaux et à fragiliser la souveraineté du pays ».

Le chef de cette organisation, Ahmed Ouihman, a dénoncé les tentatives de certains médias qui cherchent à justifier cette profanation en prétendant qu’ils font l’objet de la liberté religieuse ou du tourisme culturel.

« La réalité est que le régime d’occupation tente de passer d’une présence symbolique à la reconstruction d’une géographie fictive sur le sol marocain », a-t-il déclaré.

M. Ouihman a comparé ces démarches aux premiers signes de l’occupation de la Palestine sous mandat britannique, en indiquant que « la mainmise sur le Mur des Lamentations et la destruction du quartier des Maghrébins à Qods ont commencé par des rituels talmudiques dans un espace restreint », a‑t‑il rappelé.

L’activiste a aussi évoqué les propos controversés d’Itamar Ben‑Gvir, ministre israélien de la Sécurité intérieure, qui avait récemment fait part du « droit historique des sionistes sur la terre du Maroc, notamment à Marrakech », considérée par lui comme une alternative en cas d’effondrement de l’entité israélienne.

Ces événements interviennent dans un contexte de forte contestation populaire contre la normalisation diplomatique entre le régime israélien et le Maroc en 2020, au cours du premier mandat du président américain Donald Trump.

Bien que Rabat et Tel-Aviv aient rétabli leurs relations officielles, l’ampleur de la guerre dévastatrice menée à Gaza a ravivé le rejet massif de cette politique au sein de l’opinion publique et des principaux partis du pays.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV