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L’Iran a répondu aux allégations de Kaja Kallas sur le programme nucléaire et la défense iranienne

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
La haute représentante de l’Union européenne pour la politique extérieure, Kaja Kallas. ©IRNA

Tout en réitérant des allégations politiques sur le programme nucléaire pacifique de l’Iran et en formulant des accusations non fondées contre les capacités défensives du pays, la haute représentante de l’Union européenne pour la politique extérieure, Kaja Kallas, a prétendu que le bloc européen pourrait jouer un rôle actif dans le processus diplomatique avec Téhéran.

Kaja Kallas, qui s’est rendue à Chypre pour participer à la réunion de deux jours du Conseil européen, a déclaré ce vendredi devant un parterre de journalistes : « Les guerres en Asie de l’Ouest nous affectent indubitablement tous, ce qui amène à s’interroger sur les mesures supplémentaires qui pourraient être prises pour instaurer la paix et la stabilité dans la région. »

Réitérant la prise de position non constructive de l’UE, elle a prétendu les sujets négociés à Islamabad étaient limités et n’incluaient pas les préoccupations des pas européens.

« Si les négociations ne portent que sur le dossier nucléaire sans qu’aucun expert du domaine ne soit présent à la table, nous aboutirons inévitablement à un accord plus faible que le Plan global d’action conjoint [PGAC] », a-t-elle prétendu en faisant référence à l’accord sur le nucléaire civil iranien signé en 2015 entre l’Iran et les six grandes puissances mondiales.

À rappeler qu’en 2018, après le retrait unilatéral des États-Unis du PGAC, l’UE s’était montrée incapable de préserver l’accord et a finalement porté le coup de grâce à l’une des initiatives les plus importantes de la diplomatie nucléaire multilatérale en activant le mécanisme dit « snapback ».

Kaja Kallas a reformulé la demande de l’UE quant à la réouverture du détroit d’Ormuz, sans parler toutefois de la guerre déclenchée par les États-Unis et le régime sioniste contre l’Iran, qui a été à l’origine de l’insécurité et des perturbations dans le détroit d’Ormuz.

Elle a prétendu que lors de la réunion de Chypre, « tous ont souligné que la liberté de navigation n’est pas négociable ; par conséquent, le détroit d’Ormuz doit être rouvert sans aucune redevance, et nous devons œuvrer à la réalisation de cet objectif. »

Ces allégations interviennent alors que la République islamique d’Iran a maintes fois clarifié sa position sur le statut juridique du détroit d’Ormuz et sur ce que certains qualifient de « taxe ».

N’étant pas signataire de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer de 1982, l’Iran ne se considère pas tenu à respecter les dispositifs liés au soi-disant régime du « passage en transit ».

À l’époque de la signature de cette convention, Téhéran avait déjà précisé dans un communiqué que les dispositions de la convention n’étaient contraignantes que pour les États membres, et que la République islamique d’Iran ne se considérait pas tenu à appliquer certains arrangements prévus dans ce document, notamment en ce qui concernait le régime du « passage en transit ».

En conséquence, l’approche juridique de l’Iran concernant le détroit d’Ormuz repose sur le concept de « passage inoffensif », issu de la Convention de Genève de 1958 dont l’Iran est membre.

Dans ce cadre, les navires sont autorisés à traverser les eaux territoriales à condition que leur passage ne porte pas atteinte à la sécurité, à l’ordre ou aux intérêts de l’État côtier.

En cas de violation de ces normes, l’État côtier peut prendre des mesures nécessaires pour y réagir. La République islamique d’Iran souligne que ses actions dans le détroit d’Ormuz s’inscrivent précisément dans ce cadre.

Du point de vue de l’Iran, les frais évoqués dans le cadre des projets de gestion du détroit d’Ormuz ne sont pas de simples droits de passage, mais sont définis en contrepartie de services tels que la garantie de la sûreté et de la sécurité maritimes, la surveillance environnementale et, le cas échéant, la prestation de services de recherche et de sauvetage.

De ce point de vue, ce qui est qualifié de « violation du droit international » dans les récentes prises de position de l’Union européenne et de certains pays occidentaux, découle d’une ignorance de ces considérations juridiques et d’une interprétation unilatérale des règles régissant les détroits internationaux.

Auparavant, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, avait déclaré que l’Union européenne ne pouvait pas blâmer l’Iran en invoquant de simples inquiétudes quant au prix de l’énergie, alors qu’elle sait pertinemment que les États-Unis sont directement responsables de cette situation.

« Nous attendons de l’Union européenne qu’elle prenne position sur la base des réalités, et non pas dans l’intérêt de complaire aux États-Unis », a-t-il déclaré.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV