La diplomatie iranienne a dénoncé la violation continue de la souveraineté nationale de la Somalie par Israël, après la nomination d’un ambassadeur dans la région séparatiste du « Somaliland ».
Téhéran estime que cette décision constitue une violation flagrante de la Charte des Nations unies et porte atteinte à l’intégrité territoriale du pays africain.
« Cette mesure non autorisée constitue une violation manifeste de la Charte des Nations unies et du droit international, et porte atteinte à la souveraineté, à l’indépendance et à l’intégrité territoriale d’un État indépendant », a déclaré mardi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
Il a condamné la nomination de Michael Lotem en tant qu’ambassadeur d’Israël au « Somaliland », y voyant un signe clair d’une volonté de déstabiliser les pays musulmans et d’attiser les divisions dans la région.
Le porte-parole a également estimé que les Nations unies, l’Organisation de la coopération islamique (OCI), l’Union africaine ainsi que l’ensemble des États avaient la responsabilité de s’opposer aux « violations du droit », à « l’expansionnisme » et aux « ingérences » d’Israël dans les affaires intérieures d’autres pays.
En décembre 2025, Israël a reconnu le « Somaliland », une région séparatiste de la Somalie.
En réaction, le gouvernement fédéral somalien a fermement rejeté cette décision, la qualifiant d’illégale et réaffirmant que le « Somaliland » fait partie intégrante du territoire souverain de la Somalie.
Parallèlement, un nombre croissant de pays et d’organisations internationales ont également rejeté cette reconnaissance, mettant en garde contre ses conséquences pour la stabilité régionale et internationale.
Dans une déclaration conjointe, plus de vingt pays — principalement d’Asie de l’Ouest et d’Afrique — ainsi que l’Organisation de la coopération islamique ont estimé que cette reconnaissance pourrait avoir de « graves répercussions » sur la paix et la sécurité dans la Corne de l’Afrique, la mer Rouge et au-delà.
Le « Somaliland » a proclamé son indépendance en 1991, dans un contexte de conflit interne en Somalie. Même si la région séparatiste est dotée de ses propres institutions et monnaie, elle n’est pourtant reconnue par aucun État.
Des organisations régionales africaines ont également condamné la décision israélienne. Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a averti que toute tentative de porter atteinte à la souveraineté de la Somalie risquerait de compromettre la paix et la stabilité sur le continent.
De son côté, l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) a rappelé que la souveraineté de la Somalie est reconnue par le droit international et que toute reconnaissance unilatérale du « Somaliland » va à l’encontre de la Charte des Nations unies ainsi que des accords fondateurs de l’organisation.
Dans une déclaration conjointe publiée le 18 avril, les ministres des Affaires étrangères de l’Égypte, de la Somalie, du Soudan, de la Libye, du Bangladesh, de l’Algérie, de l’Arabie saoudite, de l’autorité autonome palestinienne, de la Turquie et de l’Indonésie ont exprimé leur rejet total de toute mesure unilatérale portant atteinte à l’unité et à la souveraineté des États.
Ils ont réaffirmé leur soutien ferme à l’unité, à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Somalie, ainsi qu’aux institutions nationales légitimes du pays.