Les cours mondiaux du pétrole grimpent de manière significative à la suite d'un regain de tensions dans le détroit d'Ormuz et de l'incertitude pesant sur les perspectives de nouvelles négociations entre l'Iran et les États-Unis.
Lundi, le prix du Brent, principal indice de référence international, a bondi de plus de 7 % lors des échanges asiatiques. Il s'est ensuite légèrement replié, pour atteindre 94,69 dollars le baril à 02h05 GMT, contre un peu moins de 90,40 dollars à la fin de la semaine dernière.
Cette flambée des prix fait suite à l'annonce par l'Iran de la fermeture complète de cette voie navigable stratégique, en représailles au maintien par les États-Unis du blocus visant les navires et les ports iraniens, une violation des conditions du cessez-le-feu annoncé le 7 avril.
Le Corps des gardiens de la Révolution islamique (CGRI) a fermement mis en garde les navires contre toute intrusion, affirmant que toute tentative de transit par ce point de passage névralgique serait interprétée comme une coopération avec l'ennemi.
Avant cette fermeture, l'Iran et les États-Unis avaient tenu des discussions dans la capitale pakistanaise, Islamabad, au début de ce mois.
Une réouverture totale du trafic commercial dans le détroit avait alors été annoncée pour la durée restante du cessez-le-feu conclu entre les deux parties sous certaines conditions, dont la cessation des attaques contre le Liban.
Pourtant, le président américain Donald Trump a annoncé par la suite que le blocus maritime allait être maintenue, ce qui a à la fois provoqué la fermeture actuelle du détroit d’Ormuz et mis en suspens la probabilité de futures négociations.
Aussi, Téhéran a conditionne la réouverture du détroit à la levée du blocus américain, précisant que la poursuite des négociations dépendra de l'établissement d'un cadre d'entente entre les deux parties.
Les observateurs avertissent que les marchés pétroliers mondiaux resteront soumis à une volatilité défavorable jusqu'à mercredi, date à laquelle le cessez-le-feu entre l'Iran et les États-Unis expire, faisant craindre de nouvelles envolées de prix en cas d'escalade.
Chaque année, le détroit d'Ormuz voit transiter environ 20 % du gaz naturel liquéfié (GNL) mondial et 25 % du commerce maritime de pétrole. Avant la mise en place du système actuel, le trafic quotidien par cette voie navigable s'élevait en moyenne à 138 navires.
Les perturbations liées au détroit ont contribué à la hausse des coûts du carburant à l'échelle mondiale. En réponse, les gouvernements ont commencé à puiser dans leurs réserves d'urgence et à instaurer des mesures d'économie d'énergie.