L’Iran réaffirme son contrôle sur le détroit d’Ormuz, conditionnant la reprise du trafic maritime à une coordination totale avec Téhéran. Désormais, le trafic maritime dans ce détroit stratégique, devra suivre les itinéraires définis a affirmé le porte‑parole du ministère iranien des Affaires étrangères.
Lors d’une interview télévisée vendredi, Esmaïl Baghaï a mis en garde Washington contre toute poursuite du « blocus maritime » américain, qu’il a qualifié de « violation du cessez‑le‑feu ».
« L’Iran prendra les mesures réciproques nécessaires », a‑t‑il averti, soulignant que si les États‑Unis « poursuivent leurs actions de mauvaise foi », la République islamique d’Iran répondra « de manière décisive ».
Le diplomate a rappelé que « l’Iran est le gardien du détroit d’Ormuz » et qu’il ne fera preuve « d’aucune indulgence » dans la défense de ses droits et de sa souveraineté sur cette voie maritime reliant le golfe Persique à la mer d’Oman.
Le porte‑parole du ministère iranien des Affaires étrangères a également appelé le public à ignorer les « manœuvres médiatiques » et les déclarations contradictoires du président américain Donald Trump.
M. Baghaï faisait référence à une série de messages publiés par Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, laissant entendre un possible recul de Washington par rapport aux accords négociés avec Téhéran.
Selon le porte‑parole iranien, les affirmations du président américain sont infondées : la réouverture du détroit d’Ormuz reste explicitement conditionnée à l’arrêt de l’agression israélienne contre le Liban.
Téhéran avait auparavant fermé ce point de passage stratégique à ses adversaires et à leurs alliés, dans le cadre d’une manœuvre stratégique lors des 40 jours d’agression américano-israélienne illégale qui ont débuté le 28 février.
Le 8 avril, Washington a formellement accepté la proposition iranienne en 10 points, qui exigeait des cessez-le-feu sur tous les fronts, y compris au Liban. Lorsque les États-Unis ont brièvement fait marche arrière sous la pression intense d’Israël – ce qui a entraîné un massacre tragique de plus de 300 personnes au Liban – l’Iran a maintenu une position inflexible.
Plus d’une semaine après la conclusion de l’accord, le cessez‑le‑feu a finalement été pleinement appliqué au Liban, le 16 avril.
Plus tôt vendredi, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a confirmé la reprise conditionnelle des opérations maritimes, affirmant que le trafic reprendrait en toute sécurité, mais uniquement sous supervision iranienne.
M. Baghaï a précisé que la décision d’ouvrir partiellement le détroit relève directement des engagements conclus le 8 avril.
En réaction aux déclarations contradictoires de Donald Trump, la présidence iranienne a rappelé que cette ouverture « conditionnelle et limitée » constitue une initiative exclusivement iranienne, destinée à instaurer un cadre de responsabilité et à tester la mise en œuvre des engagements définitifs de Washington.
Mehdi Tabatabaï, adjoint à la communication et à l’information au sein de la présidence iranienne, a déclaré que les propos contradictoires de Donald Trump visaient à minimiser les « succès récents » de l’Iran face aux pressions américaines et israéliennes.
Il a rappelé qu’en réponse à l’incapacité initiale des États‑Unis à obtenir un cessez‑le‑feu au Liban, Téhéran avait maintenu la fermeture stricte du détroit d’Ormuz.