Dans un message publié ce lundi 6 avril sur son compte X, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des Affaires juridiques et internationales, Kazem Gharibabadi, a averti que les conséquences des menaces proférées par le président américain Donald Trump contre les infrastructures iraniennes ne se limiteront pas à la République islamique. Il lui a conseillé de mettre fin à ce genre de rhétorique.
Le diplomate iranien a indiqué que les menaces américaines d’attaquer les infrastructures non militaires en Iran équivalent à un « crime de guerre », promettant une réponse « décisive et immédiate » à tout acte d’agression.
M. Gharibabadi a ajouté que le recours à la force contre l’intégrité territoriale de l’Iran constitue une violation flagrante de l’article II, paragraphe IV, de la Charte des Nations Unies (interdiction absolue de la menace ou de l’emploi de la force) et un acte d’agression au sens de la résolution 3314 de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Il a écrit que les menaces d’attaques contre des centrales électriques et des ponts, infrastructures non militaires, constituent un crime de guerre au sens de l’article 8, paragraphe 2, alinéa b, du Statut de Rome de la Cour pénale internationale et de l’article 52 du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève de 1977.
Le président américain, en sa qualité de plus haut responsable de son pays, a ouvertement menacé de commettre des crimes de guerre – un acte qui engage sa responsabilité pénale individuelle devant la Cour pénale internationale et toute juridiction nationale compétente, a poursuivi le diplomate iranien.
Se fondant sur l’article 51 de la Charte des Nations Unies, la République islamique d’Iran apportera une réponse décisive, immédiate et exemplaire à tout acte d’agression ou menace imminente, peut-on lire dans son message.
Il a conseillé au président américain de cesser de proférer de telles menaces, dont les conséquences ne se limiteront pas à l’Iran, avant que son nom ne soit inscrit dans l'histoire comme celui d'un « criminel de guerre majeur ».
Le poste de M. Gharibabadi fait suite à la réitération des menaces de Trump de déchaîner « l'enfer » sur l'Iran si ce pays maintient la fermeture du détroit d'Ormouz. Trump a lancé dimanche que les États-Unis détruiraient les centrales électriques et les ponts en Iran.
Le président américain a écrit que mardi serait le jour des attaques contre les centrales électriques et les ponts à travers l'Iran, ajoutant que tout serait « globalement ciblé ». Il a ensuite repoussé l'échéance à mercredi.
La République islamuque a intensifié les restrictions imposées au passage des navires dans le détroit d'Ormouz, dans le contexte de la guerre israélo-américaine.
Les autorités iraniennes ont indiqué que cette voie de navigation énergétique vitale, par laquelle transitait près d'un cinquième du pétrole mondial avant la guerre, reste ouverte à tous, sauf aux navires liés aux États-Unis, à Israël et à leurs alliés.
Ces restrictions ont entraîné une hausse significative des prix mondiaux de l'énergie et des matières premières, et les experts estiment que l'impact pourrait atteindre des niveaux historiques si la guerre se poursuit.