Dans une missive adressée le samedi 4 avril au Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, ainsi qu’aux membres du Conseil de sécurité, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a lancé une mise en garde retentissante quant aux conséquences potentiellement désastreuses des frappes américano-israéliennes visant les installations nucléaires civiles de l’Iran, et plus particulièrement la centrale de Bouchehr. Il a exprimé une profonde préoccupation face aux répercussions néfastes qu’engendreraient de telles attaques.
M. Araghchi a averti que de telles attaques exposeraient la région entière à un risque de contamination radioactive.
Il a souligné dans sa lettre que les agressions américano-israéliennes surviennent alors même que ces installations sont exclusivement vouées à des usages pacifiques et opèrent sous le régime de garanties généralisées de l’AIEA.
« Ces attaques, d’une illégalité flagrante, exposent l’ensemble de la région à un péril de contamination radioactive aux conséquences humanitaires et environnementales graves. De telles actions ne sauraient demeurer sans réponse », peut-on lire dans sa lettre.
Selon ce texte, M. Araghchi a rappelé que la République islamique d’Iran a été la cible de deux guerres en l'espace de neuf mois, orchestrées par les États-Unis, signataire du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), et par Israël, un régime qui n’a pas signé ce traité.
Le chef de la diplomatie iranienne a déploré que, malgré le bombardement d’installations nucléaires pacifiques iraniennes lors de ces deux guerres, le Conseil de sécurité des Nations Unies, le Conseil des gouverneurs de l’AIEA et son directeur général aient manqué à condamner fermement ces agressions illégales. Il a ajouté qu’aucune mesure efficace n’a été prise, dans le cadre de leurs responsabilités, pour prévenir la répétition de telles frappes.
« Aujourd’hui, des responsables américains de haut rang, qui qualifient le droit international humanitaire de « stupide », osent déclarer que les installations nucléaires figurent parmi leurs cibles potentielles », a écrit le Ministre iranien des Affaires étrangères.
Il a affirmé que le représentant permanent des États-Unis auprès des Nations Unies avait ouvertement déclaré que des attaques contre la centrale nucléaire de Bouchehr n’étaient « pas à exclure ».
« Une telle désinvolture est la conséquence directe de l’inertie des Nations Unies et de l’AIEA face aux actes d’agression manifestes des États-Unis et d’Israël, qui n’ont fait qu'enhardir les agresseurs. Cette série d'attaques illégales a porté un coup irréparable à la crédibilité des Nations Unies, du Conseil de sécurité, de l'AIEA et de son régime de garanties », a poursuivi M. Araghchi.
Il a exprimé sa vive préoccupation quant au fait que des attaques contre des installations nucléaires civiles iraniennes ont été perpétrées depuis le début du conflit le 28 février, sans qu’aucune condamnation ferme n’ait été formulée par les instances internationales compétentes.
« Les frappes répétées des agresseurs à proximité immédiate de la centrale nucléaire de Bouchehr sont extrêmement alarmantes ; leur proximité avec une installation nucléaire en activité constitue une escalade intolérable qui engendre un risque grave de rejet radiologique », a encore souligné M. Araghchi.
Le ministre iranien des Affaires étrangères a par ailleurs insisté sur le fait que si l’inaction du Conseil de sécurité et du Conseil des gouverneurs de l’AIEA face à une attaque illégale contre les installations nucléaires iraniennes protégées persistait, les États membres pourraient perdre confiance dans les Nations Unies et l’Agence, fragilisant ainsi davantage l’ensemble du régime de non-prolifération.
« Les répercussions d’une telle passivité ne se limiteraient pas à l’Iran », a-t-il conclu.