Lors du sommet de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) à Bogota, en Colombie, qui s’est tenu samedi 21 mars, le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, a fustigé l’enlèvement de Nicolas Maduro par les États-Unis et le blocus pétrolier de Cuba.
L'Amérique latine est menacée d'un retour à la domination coloniale, a déclaré le président brésilien, qualifiant d’« antidémocratiques » les récentes actions de la Maison-Blanche dans la région.
À rappeler que les États-Unis ont enlevé le président vénézuélien Nicolas Maduro en janvier 2026 avant d’imposer un blocus pétrolier à Cuba le mois dernier, à la suite des allégations du président américain Donald Trump selon lesquelles l’île représente une menace.
Washington a aussi mené de nombreuses frappes meurtrières et extrajudiciaires contre des navires dans les Caraïbes et le Pacifique Est dans le cadre de ce qu’il qualifie de « lutte contre le trafic de drogue ».
Au cours de ce sommet, M. Lula a critiqué la politique étrangère de Washington, sans toutefois mentionner directement les États-Unis ni Donald Trump.
« Il est inconcevable que quiconque se considère comme propriétaire d’autres pays. Que font-ils à Cuba en ce moment ? Qu’ont-ils fait au Venezuela ? Est-ce cela, la démocratie ? » a-t-il martelé.
L'Amérique latine a déjà été pillée de son or, de ses diamants et de ses minéraux, a déclaré le dirigeant brésilien, faisant référence à l’ingérence américaine dans la région depuis la déclaration de la doctrine Monroe en 1823, qui revendiquait l’hémisphère occidental comme sphère d’influence des États-Unis. La présence de Washington avait considérablement diminué après la fin de la Guerre froide au début des années 1990.
« Après nous avoir tout pris, ils veulent maintenant s’approprier nos minéraux critiques et nos terres rares. Ils veulent nous coloniser à nouveau », a-t-il averti.
Les dirigeants des pays d’Amérique latine « ne peuvent tolérer aucune ingérence ni violation de l’intégrité territoriale de leurs pays », a insisté M. Lula.
Les remarques du président brésilien interviennent après que Trump a déclaré en début de semaine qu’il s’attendait à avoir « l’honneur » de « prendre Cuba d’une manière ou d’une autre », prétendant qu’il pouvait faire ce qu’il voulait de l'île.
En raison des pénuries de pétrole provoquées par le blocus américain, Cuba a plongé samedi dans une deuxième panne d’électricité nationale depuis le début de la semaine, laissant plus de 10 millions de personnes sans courant.