Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a mis en garde les pays européens contre le risque de glisser vers les « mentalités historiques nazies » en soutenant l’agression israélo-américaine contre l’Iran.
Dans un article publié mercredi sur X, Baghaï a dénoncé la position de l’Allemagne et a mis en garde les États européens contre toute complicité dans des crimes de guerre.
« L’UE/E3 a joué un rôle central dans la diplomatie internationale, contribuant à forger l’accord de Vienne de 2015 – un acquis majeur de la politique étrangère européenne qui a été torpillée par l’administration américaine », a écrit Baghaï, faisant référence à l’accord nucléaire de 2015 officiellement connu sous le nom de Plan global d’action commun, PGAC (JCPOA en anglais).
L’accord, conclu entre l’Iran et les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU plus l’Allemagne, visait à limiter les activités nucléaires de Téhéran en échange d’un allègement des sanctions. Cependant les États-Unis se sont retirés unilatéralement de cet accord en 2018.
En réaction à certains titres d’actualité, Baghaï a déclaré : « Aujourd’hui, sous la pression du chancelier allemand, certains membres de l’UE risquent de se retrouver du mauvais côté de l’histoire en devenant complices des actes d’agression et des crimes de guerre commis par les États-Unis et Israël contre la nation iranienne, l’un des plus anciens et des plus pérennes États-nations au monde. »
Il a conclu par un avertissement sans équivoque : « L’Union doit s’opposer à toute démarche rappelant les mentalités historiques nazies et, au contraire, réaffirmer son engagement envers le droit international et la justice.
Le message de Baghaï comprenait une vidéo jointe des propos du député européen belge Marc Botenga, qui critiquait l’approche de l’UE lors d’une session parlementaire.
Dans la vidéo, Botenga remet en question le double langage occidental, déclarant : « Pourquoi acceptons-nous qu’Israël possède la bombe nucléaire ? C’est absolument inacceptable. »
Il a également remis en question le discours de l’UE sur la sécurité régionale. « Vous qualifiez l’Iran de principale menace, mais regardez comment Israël bombarde le Liban, la Syrie, l’Irak, l’Iran, le Yémen et le Qatar », a-t-il déclaré.
Évoquant l’effondrement de l’accord nucléaire, Botenga a ajouté : « Deuxièmement, pourquoi n’avez-vous pas condamné ni même mentionné le fait que ce sont les États-Unis qui se sont retirés de l’accord nucléaire ? Ce n’est pas l’Iran, ce sont les États-Unis qui se sont retirés. »
Il a également critiqué la réaction de l’UE face à la récente agression militaire. « Enfin, pourquoi l’Union européenne ne condamne-t-elle pas les frappes illégales américano-israéliennes contre l’Iran, qui ont fait de nombreuses victimes civiles et qui ont compliqué la diplomatie nucléaire, au lieu de la simplifier ? »
Botenga a également critiqué la politique de sanctions imposée au peuple iranien. « Nous prétendons être du bon côté, soucieux de la non-prolifération nucléaire et des droits de l’homme, alors que nous aggravons la situation. Nous imposons des sanctions qui pénalisent les Iraniens ordinaires et qui rendent désormais l’achat de médicaments et de produits de première nécessité encore plus difficile. »
Ces derniers jours, de hauts responsables allemands, dont le chancelier Friedrich Merz, ont exprimé leur appui aux actes d’agression israélo-américains.