Les autorités nigériennes ont validé et enrichi le projet de feuille de route de la deuxième année de l’Alliance des États du Sahel (AES), à l’issue d’une réunion tenue à Niamey en présence des ministres concernés et du Comité national de l’AES, a annoncé le Premier ministre nigérien, Ali Mahamane Zeine.
Le document examiné avait été transmis par le Burkina Faso, qui assure actuellement la présidence tournante de la Confédération. Les discussions ont porté sur les axes structurants de la future programmation annuelle, articulée autour de trois piliers majeurs : défense et sécurité, diplomatie et développement.
« Nous avons donné les orientations nécessaires, validé certaines propositions, procédé à des corrections et formulé d’autres suggestions, y compris des reformulations lorsque cela s’imposait », a précisé le Premier ministre nigérien.
Du 24 au 26 février, des réunions de hauts fonctionnaires et de ministres de l’AES sont prévues au Burkina Faso afin d’examiner notamment les propositions soumises par le Mali. À l’issue de ces concertations, une feuille de route consolidée sera présentée au Collège des Chefs d’État pour validation formelle.
Réunis le 23 décembre 2025 à Bamako, les Chefs d’État de l’AES ont clos leur deuxième session ordinaire par une série de décisions majeures. Sécurité collective renforcée, approfondissement de l’intégration institutionnelle, affirmation diplomatique et priorités de développement endogène ont marqué les conclusions de ce sommet stratégique pour l’avenir de l’espace confédéral.
Ce développement intervient alors que le président nigérien Abdourahamane Tiani a récemment révélé que la force unifiée de l’Alliance des États du Sahel (AES) est passée de cinq mille à six mille hommes, en raison des défis sécuritaires auxquels font face le Burkina Faso, le Mali et le Niger.
« Nous sommes conscients que les mercenaires bénéficient de soutiens matériels, financiers, en armement ainsi qu’en renseignements de très haute technologie », a-t-il indiqué dans un entretien accordé à la télévision publique nigérienne, faisant allusion aux groupes terroristes qui mènent des attaques dans les trois pays de l’AES.
Liés par des frontières communes, le Burkina Faso, le Mali et le Niger sont tous d’anciennes colonies françaises. Les trois pays ont également annoncé leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), accusant cette organisation sous-régionale d’être à la solde de certaines puissances étrangères, dont la France.
Prônant une démarche souverainiste, ils ont créé la Confédération de l’Alliance des États du Sahel (AES), dotée d’une force officiellement lancée le 20 décembre 2025 avec un effectif de 5 000 hommes, chargée de lutter contre le terrorisme et de défendre la souveraineté des trois pays.