Les membres du Congrès américain pourraient voter dès la semaine prochaine sur une législation visant à empêcher le président Donald Trump de lancer des frappes militaires contre l'Iran sans l'approbation explicite du Congrès.
Selon un rapport publié vendredi par Reuters, des démocrates et quelques républicains ont tenté à plusieurs reprises d’adopter des résolutions sur les pouvoirs de guerre, destinées à empêcher le président d'engager des actions militaires contre des gouvernements étrangers sans l’aval du Congrès. Ces tentatives ont échoué, les alliés républicains de Trump arguant que le Congrès ne devrait pas restreindre l’autorité présidentielle dans ce domaine.
Le sénateur démocrate Tim Kaine et le sénateur républicain Rand Paul ont déposé à la fin du mois dernier une résolution au Sénat pour bloquer les hostilités contre l'Iran, sauf en cas d'autorisation explicite par une déclaration de guerre du Congrès.
« Si certains de mes collègues soutiennent la guerre, ils devraient avoir le courage de voter en faveur de celle-ci et d'en rendre compte à leurs électeurs, plutôt que de se cacher sous leur bureau », a déclaré Kaine dans un communiqué vendredi, alors que le Pentagone continuait de déployer ses équipements militaires près des frontières de l'Iran.
Un collaborateur de Kaine a précisé qu'aucun calendrier n'avait encore été établi quant à la date à laquelle le Sénat pourrait examiner la résolution, mais à la Chambre des représentants, le républicain Thomas Massie et le démocrate Ro Khanna ont indiqué qu'ils prévoyaient de forcer un vote sur une mesure similaire la semaine prochaine.
« Selon des responsables du gouvernement Trump, il y a 90 % de chances que des frappes aient lieu contre l’Iran. Mais il ne pourra rien faire sans le Congrès », a ajouté Khanna dans un message publié sur X.
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Cette initiative du Congrès intervient alors que les États-Unis renforcent leur présence militaire près de l'Iran. Le 12 février, des responsables américains ont annoncé que le département de la Guerre dépêchait dans la région un porte-avions supplémentaire, ainsi que des milliers de soldats, des avions de chasse et des destroyers lance-missiles.
« Si nous ne parvenons pas à un accord, nous aurons besoin de l'USS Gerald R. Ford », a récemment affirmé Donald Trump.
Le renforcement militaire s'est effectué parallèlement aux négociations nucléaires indirectes entre Téhéran et Washington à Genève. Le Sultanat d’Oman, en tant que médiateur, a indiqué que le dernier cycle de pourparlers indirects s'était conclu par des progrès tangibles, ouvrant la voie à de nouvelles discussions.
Dans une lettre envoyée jeudi 19 février au secrétaire général de l’ONU et au président du Conseil de sécurité, l’ambassadeur et représentant permanent de l’Iran auprès des Nations Unies, Amir Saïd Iravani, a souligné que le renforcement actuel des moyens et équipements militaires américains, combiné à une rhétorique « belliqueuse » de Washington, ne devait pas être considéré comme un simple message politique.
Il a averti que les récentes déclarations du président américain Donald Trump signalent un risque réel d'agression militaire contre l'Iran, susceptible d'entraîner des conséquences catastrophiques dans toute la région.
« La République islamique d’Iran a déclaré à plusieurs reprises, au plus haut niveau, qu’elle ne recherche ni la tension ni la guerre et qu’elle n’initiera aucune guerre », indique la lettre.
« Toutefois, en cas d’agression militaire, l’Iran répondra de manière décisive et proportionnée, exerçant ainsi son droit inhérent de légitime défense en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations Unies », a-t-il précisé.