Le ministre iranien des Affaires étrangères a déclaré que les États-Unis n'avaient pas demandé à l'Iran de renoncer à l'enrichissement d'uranium lors des pourparlers tenus mardi à Genève sous médiation omanaise, tout en avertissant que les extrémistes tentaient d'orienter la politique américaine vers une « guerre catastrophique ».
« Nous n'avons proposé aucune suspension et les États-Unis n'ont pas demandé “zéro enrichissement” », a déclaré Abbas Araghchi vendredi à l'émission « Morning Joe » de la chaîne américaine MSNBC, en référence au dernier cycle de négociations indirectes qui s'est tenu à Genève mardi 17 février.
M. Araghchi a également indiqué que les discussions visaient à garantir que le programme nucléaire iranien, qui inclut l'enrichissement d'uranium, demeure pacifique.
Il a qualifié ce dernier tour de « très positif », ajoutant que les deux parties s'étaient entendues sur un certain nombre de principes directeurs pour les négociations.
Il a ajouté que Téhéran préparerait un projet d'accord potentiel dans les deux ou trois prochains jours et le remettrait à Steve Witkoff, chef de l'équipe de négociation américaine, après approbation des hautes autorités.
« Il faudra peut-être organiser une autre réunion pour en discuter, après quoi nous pourrons commencer à travailler sur le texte de ce projet », a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie iranienne a également mentionné la multiplication des menaces militaires américaines contre l'Iran ces dernières semaines, malgré les négociations en cours.
« J’espère que ceux qui cherchent la guerre et veulent entraîner une fois de plus les États-Unis dans un conflit inutile et catastrophique n’y parviendront pas, et qu’ils nous permettront, à nous diplomates, de travailler ensemble et de trouver un règlement diplomatique qui, je crois, est à notre portée et peut être atteint rapidement », a-t-il déclaré.
Ces propos interviennent alors qu'un rapport, citant des déclarations de responsables américains, indique que le régime israélien fait pression sur le président américain Donald Trump pour qu'il autorise une agression contre l'Iran.
Jeudi, le président américain a renouvelé ses menaces d'intervention militaire contre l'Iran, quelques jours seulement après les pourparlers de Genève, qui avaient été largement qualifiés de positifs.
M. Araghchi a souligné qu'aucune action militaire ne saurait résoudre la question nucléaire iranienne, rappelant que cette option avait été tentée lors de l'agression israélo-américaine de juin 2025 et qu'elle s'était soldée par un échec.
« Il n'existe aucune solution militaire au programme nucléaire iranien. Cette option a déjà été essayée. Nos installations ont subi des attaques massives, nos scientifiques ont été assassinés, pourtant personne n'est parvenu à détruire notre programme nucléaire. Pourquoi ? Parce que ce programme a été développé par nous et nos scientifiques. Cette technologie nous appartient et ne peut être détruite par des bombardements ou une action militaire », a-t-il déclaré.
Il a affirmé que « la diplomatie reste la seule solution. C'est pourquoi les États-Unis sont de retour à la table des négociations et cherchent à parvenir à un accord. »
Le chef de la diplomatie iranienne a également souligné : « Nous sommes prêts pour la paix, nous sommes prêts pour la diplomatie, tout comme nous sommes prêts à nous défendre. »
« Si quelqu'un recherche une solution au programme nucléaire iranien et souhaite garantir qu'il reste pacifique, la seule voie possible est celle de la négociation et d'un règlement diplomatique », a-t-il réaffirmé.