Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères chargé des affaires politiques, Majid Takht-Ravanchi, déclare qu’il appartient désormais aux États-Unis de démontrer leur détermination à parvenir à un accord destiné à régler la question nucléaire iranienne.
Dans un entretien accordé à la chaîne BBC et publié dimanche 15 février, soit plus d’une semaine après des pourparlers indirects entre responsables iraniens et américains à Oman, le diplomate iranien a estimé que « c’est aux États-Unis de prouver qu’ils veulent conclure un accord », et a ajouté : « S’ils sont sincères, je suis sûr que nous serons sur la voie d’un accord. »
Ces discussions font suite à plusieurs semaines de tensions croissantes alimentées par la rhétorique belliqueuse de responsables américains à l’encontre de la République islamique d’Iran.
Membre de l’équipe de négociation iranienne, Takht-Ravanchi a également indiqué que Washington avait exprimé, tant publiquement qu’en privé par l’intermédiaire d’Oman, son intérêt pour un règlement pacifique des différends.
« Nous entendons dire qu’ils sont intéressés par des négociations », a-t-il souligné, précisant par ailleurs que les déclarations américaines évoquant un soi-disant « changement de régime » ne figuraient pas dans les messages transmis par des canaux privés.
Le diplomate iranien a averti qu’une nouvelle guerre serait « traumatisante, néfaste pour tous […] tout le monde souffrira, en particulier ceux qui ont déclenché cette agression ».
Il a insisté sur l’existence dans la région d’un « consensus quasi unanime » contre toute escalade militaire.
Réaffirmant la préférence de Téhéran pour une issue diplomatique, il a déclaré : « Nous espérons pouvoir y parvenir par la voie diplomatique, même si nous ne pouvons pas en être sûrs à 100 %. » L’Iran doit toutefois « rester vigilant afin de ne pas être surpris », a-t-il ajouté.
Le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a fait ainsi référence à l’agression américano-israélienne qui, entre le 13 et le 27 juin, a causé la mort d’au moins 1 064 personnes en Iran, parmi lesquelles des commandants militaires, des scientifiques et des civils. Condamnée par Téhéran comme une grave trahison diplomatique, cette attaque est intervenue quelques jours avant la tenue prévue d’un sixième cycle de négociations avec les États-Unis sous médiation omanaise.
S’agissant des dernières discussions tenues à Mascate, la capitale omanaise, Takht-Ravanchi a estimé qu’elles s’étaient déroulées « plutôt dans une direction positive », tout en jugeant « trop tôt pour se prononcer » sur leur issue.
Dans le cadre de cet entretien, le vice-ministre des Affaires étrangères a mis en avant la proposition de Téhéran de diluer son uranium enrichi à 60 % comme un exemple concret de sa volonté de compromis. Il a affirmé que l’Iran était prêt à aborder cette question ainsi que d’autres aspects de son programme nucléaire, à condition que les États-Unis soient disposés à discuter des sanctions imposées à l’Iran.
Quant à la possibilité d’un transfert d’uranium enrichi vers un pays tiers, Takht-Ravanchi a exprimé que le moment n’était pas encore propice pour anticiper les résultats des négociations en cours. Il a également précisé que la question d’un « enrichissement zéro » n’était plus d’actualité et ne figurait plus sur l’agenda des discussions iraniennes.
« Nous comprenons qu’ils sont arrivés à la conclusion que pour parvenir à un accord il faut se concentrer sur la question nucléaire », a-t-il ajouté.
En outre, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères a réitéré que le programme de missiles balistiques iranien ne ferait pas partie des discussions avec les négociateurs américains.
Il a justifié cette position en rappelant que les capacités de défense du pays ont été cruciales lors des attaques menées par Israël et les États-Unis. Selon lui, il serait inacceptable de renoncer à ces capacités, surtout dans un contexte où l’Iran a réussi à contrer l’agression israélo-américaine pendant douze jours en juin 2025.
« Lorsque nous avons été attaqués par les Israéliens et les Américains, ce sont nos missiles qui sont venus à notre secours ; comment pourrions ‑nous accepter de nous priver de nos capacités de défense ? », a‑t‑il déclaré, faisant référence aux opérations de représailles iraniennes qui ont permis de protéger le pays.