Les dirigeants de La France insoumise (LFI) ont dénoncé samedi une série d'attaques ayant visé leurs permanences parlementaires et leur siège national au cours de la nuit.
LFI a pointé du doigt des « milices d'extrême droite » et dénoncé également un « appel au meurtre » diffusé sur les réseaux sociaux par un collaborateur d'un député du Rassemblement National (RN).
Selon plusieurs responsables de LFI, parmi lesquels le coordinateur national Manuel Bompard et la présidente du groupe parlementaire Mathilde Panot, des locaux ont été vandalisés ou attaqués à Paris, Lille, Rouen, Metz, Castres, Bordeaux, Montpellier et Toulouse.
Le député Paul Vannier (Val-d’Oise) a précisé que ces actions avaient visé aussi bien le siège de La France Insoumise que des locaux de campagne de candidats aux élections municipales. Il a attribué ces actions à des « milices d’extrême droite ».
« Des groupuscules fascistes attaquent nos permanences parlementaires et locaux de la France Insoumise » depuis vendredi soir, a affirmé Mathilde Panot sur le réseau social X. Manuel Bompard a précisé que ces actions auraient été « revendiquées par des groupuscules fascistes sur Instagram », appelant les autorités à prendre des mesures pour « mettre hors d'état de nuire ces groupuscules violents ».
À Lille, le député Aurélien Le Coq a annoncé avoir déposé plainte après l'attaque de sa permanence, évoquant des « milices » cherchant à faire basculer le pays « dans la violence et dans la guerre civile ».
En parallèle, des députés LFI ont dénoncé samedi les propos de Maxime Giralt, collaborateur de Jérôme Buisson, député RN de l'Ain. Ce dernier a publié sur son compte X une photographie de quatre femmes, Assa Traoré, Sophie de La Rochefoucauld, ainsi que les élues LFI Sophia Chikirou et Rima Hassan, accompagnée de la légende : « J'ai fait un rêve, quatre décès et un peuple rempli de joie ».
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Ce message a été qualifié d’« appel au meurtre » par le député LFI Antoine Léaumont et par Mathilde Panot. Peu après, la publication a été retirée et l'auteur a fermé son compte sur la plateforme.
Mathilde Panot a insisté sur le fait que « les auteurs de tels propos décomplexés doivent être punis ».
En réaction à ces attaques, le président français, Emmanuel Macron, a publié samedi une note sur X pour dire : « À Lyon, Quentin a été victime d’un déferlement de violence inouï. Il a perdu la vie à seulement 23 ans. À sa famille et à ses proches, j’adresse mes pensées et le soutien de la Nation. »
Le chef de l'État a souligné qu'« aucune cause, aucune idéologie ne justifieront jamais que l’on tue », appelant à ce que les auteurs de cette « ignominie » soient condamnés. « J’appelle au calme, à la retenue et au respect », a-t-il conclu.
Ces incidents interviennent dans un climat de tension après l'agression d'un militant de 23 ans, survenue le jeudi 12 février à Lyon, en marge d’une conférence de l'eurodéputée Rima Hassan à Sciences Po Lyon.
La victime, proche du collectif d'extrême droite Némésis, a été grièvement blessée par une dizaine d'individus. Une enquête pour violences aggravées a été ouverte par le parquet de Lyon.
Mathilde Panot a accusé l'extrême droite d'« instrumentaliser cyniquement » ce drame pour « attiser la haine ».
De son côté, Rima Hassan avait fermement condamné l'agression dès le lendemain, assurant que son service d'ordre n'était pas impliqué et soulignant que « personne ne doit perdre sa vie pour ses idées ».