Le président américain Donald Trump reconnaît qu’il n’a aucun moyen d’utiliser la force militaire pour faire pression sur la République islamique d’Iran afin qu’elle accepte les exigences d’Israël ou de renverser le gouvernement pour en installer un qui s’y soumette, a affirmé le politologue américain John Mearsheimer.
Les propos prononcés vendredi 13 février par M. Mearsheimer font suite à la rencontre de Donald Trump avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, mardi 10 février, à la Maison-Blanche. Il s’agit d’un entretien que certains observateurs estiment qu’il a mis en lumière les divergences entre Washington et Tel-Aviv quant à la manière de confronter Téhéran.
Le spécialiste des relations internationales a souligné que Washington fait face à des réalités stratégiques qu’il ne peut ignorer.
« Les États-Unis ne peuvent pas imposer l’agenda maximaliste d’Israël par la force », a-t-il déclaré, mettant en garde contre les conséquences d’une attaque contre l’Iran, qui risquerait de déclencher une guerre régionale plus large et d’avoir des répercussions sérieuses sur les intérêts américains.
Depuis des années, les responsables israéliens ont poussé les États-Unis à prendre des mesures radicales contre la République islamique d’Iran, y compris le démantèlement de son programme d’enrichissement nucléaire, l’élimination de ses capacités balistiques et la rupture de ses liens avec des mouvements de résistance régionaux comme le Hamas, le Hezbollah et Ansarallah du Yémen.
Téhéran a fermement rejeté ces exigences. Les responsables iraniens ont clairement indiqué que le programme de missiles du pays et ses partenariats régionaux ne sont pas négociables.
Dans le même temps, l’Iran a montré qu’il est prêt à discuter de limitations sur l’enrichissement nucléaire similaires à celles définies dans le cadre de l’accord nucléaire 2015, officiellement connu sous le nom du Plan global d’action commun (PGAC), accord que Washington a abandonné pendant le premier mandat de Donald Trump.
« La République islamique ne négociera pas sous la menace ou la coercition », a martelé le ministère iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, mettant l’accent sur le fait que les capacités défensives du pays sont « strictement destinées à la dissuasion ».
Bien que la Maison-Blanche n’ait pas révélé les détails des discussions entre Trump et Netanyahu, des responsables américains ont indiqué que des canaux indirects restent ouverts pour apaiser les tensions nucléaires.
La dernière série de négociations indirectes entre l’Iran et les États-Unis a eu lieu le 6 février 2026 à Mascate, à Oman. Une autre réunion serait prévue mardi 17 février à Genève.
Pendant ce temps, plusieurs groupes pro-israéliens, basés aux États-Unis, ont plaidé pour des mesures plus sévères contre la République islamique. Cependant, les organisations pacifistes mettent en garde contre le risque d’une nouvelle confrontation, décrivant la guerre des Douze jours en juin 2025 comme un exemple frappant des conséquences dévastatrices.
Il est à rappeler qu’entre le 13 et le 24 juin, Israël a mené une agression flagrante et non provoquée contre la République islamique, entraînant la mort d’au moins 1 060 personnes, parmi lesquelles de hauts commandants militaires, des scientifiques nucléaires et des civils.
En riposte, les forces armées iraniennes ont lancé plus de 20 salves de drones et de missiles sur les territoires occupés, dans le cadre de l’opération Vraie Promesse III, visant des implantations et des positions militaires.
Le 22 juin, les États-Unis se sont joints à l’agression israélienne, en prenant pour cible trois sites nucléaires iraniens, à savoir Fordow, Ispahan et Natanz.
En représailles, l’Iran a lancé un barrage de missiles et de drones sur la base aérienne d’al-Udeid au Qatar, la plus grande base militaire américaine en Asie de l’Ouest.
Le 24 juin, l’Iran, grâce à ses opérations de représailles réussies contre le régime israélien et les États-Unis, a pu imposer un arrêt de l’agression illégale.