La Haute Cour britannique a porté un revers juridique important à la tentative du gouvernement britannique de faire taire les soutiens déclarés à la Palestine, en jugeant que la décision prise en 2025 par le ministère de l’Intérieur d’interdire le groupe pro-palestinien Palestine Action en le qualifiant d’organisation terroriste est illégale.
Ce jugement historique, rendu vendredi à Londres, donne raison aux critiques qui avaient averti que l’interdiction constituait une atteinte grave aux libertés civiles fondamentales et un dangereux détournement des lois antiterroristes.
Palestine Action, fondé en 2020 pour contester le soutien britannique aux invasions militaires israéliennes et les liens des entreprises avec le régime d’occupation, a été ajouté à la liste des organisations extrémistes du Royaume-Uni en juillet 2025 en vertu de la loi de 2000 sur le terrorisme.
Cette désignation assimilait Palestine Action à des organisations terroristes internationalement interdites, faisant du fait d’en être membre ou de manifester publiquement son soutien une infraction pénale passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 14 ans de prison.
Les partisans et les défenseurs des libertés civiles en étaient indignés, arguant que l’interdiction criminalisait les manifestations pacifiques et la solidarité avec les Palestiniens plutôt qu’une véritable menace pour la sécurité publique.
Les détracteurs du gouvernement ont souligné que les actions du groupe — telles que le blocage d’entrées, les jets de peinture sur les sites des entreprises de défense et les actions directes visant la complicité britannique dans la production d’armes — étaient des actes politiques et non du terrorisme, et qu’elles devraient être traitées par le droit pénal ordinaire lorsque cela s’avérait nécessaire.
Dans son jugement, la juge Victoria Sharp et ses confrères de la Haute Cour de Londres ont estimé que l’interdiction du gouvernement manquait de justification valable et empiétait de manière disproportionnée sur les droits à la liberté d’expression et de réunion.
Cette décision a été saluée par les militants et les défenseurs des droits de l’homme comme une « victoire monumentale » pour les libertés démocratiques au Royaume-Uni et dans un sens plus large, en faveur d’une lutte pour obtenir justice pour le peuple palestinien.
L’interdiction restera temporairement en vigueur le temps que le gouvernement examine l’opportunité de faire appel, mais cet arrêt ouvre la voie à un réexamen complet de l’interdiction. Cela pourrait également entraîner l’annulation ou la révision de nombreuses arrestations et poursuites engagées contre des manifestants sous cette étiquette controversée.
Depuis l’instauration de l’interdiction, la police a arrêté des milliers de personnes lors de manifestations — même pour des actes symboliques comme le fait de brandir des pancartes de soutien à Palestine Action — ce qui souligne les inquiétudes quant au fait que l’étiquette antiterroriste ait été utilisée pour réprimer l’activisme pacifique plutôt que pour protéger la sécurité publique.