Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, s’est entretenu avec ses homologues égyptien, saoudien et turc au sujet de l’évolution de la situation en Asie de l’Ouest, et plus particulièrement des récentes négociations indirectes entre Téhéran et Washington à Mascate, à Oman.
Ces importants échanges téléphoniques ont eu lieu lundi 9 février, à la suite de l'annonce faite par M. Araghchi selon laquelle la République islamique d'Iran prend au sérieux les négociations nucléaires avec les États-Unis et souhaite des pourparlers authentiques et axés sur les résultats.
M. Araghchi a toutefois clairement indiqué que tout progrès dépend de l'engagement et du sérieux de l'autre partie.
Après ses entretiens avec le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, et le prince Faisal bin Farhan Al Saud, ministre saoudien des Affaires étrangères, M. Araghchi a qualifié les pourparlers de Mascate – tenus le 6 février 2026 sous l'égide du ministre omanais des Affaires étrangères, Badr al-Busaidi – de « bon début » pour résoudre des différends de longue date.
Il a souligné l'urgence de rétablir la confiance tout en exprimant le scepticisme de l'Iran quant aux intentions américaines, notamment au vu des sanctions en vigueur et des menaces de guerre. Par ailleurs, M. Araghchi a réaffirmé la position inébranlable de Téhéran concernant la poursuite de l'enrichissement d'uranium, rejetant catégoriquement les demandes américaines d'arrêt ou de relocalisation de ces activités essentielles.
Les ministres des Affaires étrangères de Turquie, d'Égypte et d'Arabie saoudite ont de leur côté accueilli favorablement l'ouverture du dialogue de Mascate, soulignant son potentiel pour favoriser une résolution politique et prévenir une instabilité accrue dans la région.
Ils ont insisté sur l'importance de ces pourparlers pour la sécurité de l’Asie de l’Ouest, faisant écho aux inquiétudes concernant l'escalade des conflits qui pourraient impliquer les États voisins.
Un nouveau tour de négociations nucléaires entre Téhéran et Washington s'est tenu vendredi dans la capitale omanaise, sous l'égide du ministre omanais des Affaires étrangères, Badr bin Hamad Al Busaidi.
S'adressant à l'agence de presse IRIB à l'issue de ces discussions, M. Araghchi a déclaré que les positions et les préoccupations de l'Iran avaient été clairement communiquées aux négociateurs américains.
L'Iran maintient son droit légal d'enrichir l'uranium sur son territoire, considérant cette question comme une ligne rouge dans les négociations. Téhéran insiste sur le fait que toute mesure technique ne peut être envisagée que dans un cadre reconnaissant ce droit, prévenant que toute condition préalable allant au-delà serait interprétée comme un signe de mauvaise foi.
L’année dernière, l’Iran et les États-Unis ont tenu cinq tours de négociations indirectes, sous l’égide d’Oman, sur le programme nucléaire pacifique iranien, avant que le régime israélien ne fasse dérailler les efforts diplomatiques en lançant une guerre non provoquée contre l’Iran.