Un haut responsable du mouvement de résistance palestinien Hamas a fermement rejeté les appels demandant au groupe de rendre ses armes ou d’accepter une intervention étrangère à Gaza, s’opposant ainsi aux exigences des États-Unis et d’Israël liées au processus de cessez-le-feu en cours.
Khaled Machaal, ancien chef du Hamas et actuel directeur du bureau de la diaspora du groupe, a tenu ces propos ce dimanche 8 février lors d’une conférence à Doha, soulignant que les efforts visant à criminaliser la résistance armée et à désarmer les factions palestiniennes sont « inacceptables » sous l’occupation israélienne.
« Criminaliser la résistance, ses armes et ceux qui les ont utilisées est quelque chose que nous ne devrions pas accepter », a déclaré Machaal.
« Tant qu’il y a occupation, il y a résistance : la résistance est un droit des peuples occupés, une chose dont les nations peuvent être fières », a-t-il ajouté.
Machaal a par ailleurs averti que le Hamas rejetterait sans équivoque toute forme de domination étrangère à Gaza.
« Nous adhérons à nos principes nationaux et rejetons toute logique de tutelle, d’intervention extérieure ou de retour d’un mandat sous quelque forme que ce soit », a-t-il déclaré.
« Les Palestiniens doivent gouverner les Palestiniens. Gaza appartient au peuple de Gaza et à la Palestine. Nous n’accepterons aucune domination étrangère », a-t-il ajouté.
Machaal a par ailleurs exhorté le soi-disant « Conseil de la paix » à adopter une « approche équilibrée » qui faciliterait la reconstruction de Gaza et l’acheminement de l’aide à ses 2,2 millions d’habitants.
Le cessez-le-feu négocié par les États-Unis, conclu le 10 octobre 2025, a engagé Israël à ouvrir tous les points de passage vers Gaza, permettant ainsi l’entrée de nourriture et d’aide et mettant fin aux hostilités en échange de la libération de tous les captifs détenus par le Hamas.
Bien que le Hamas ait respecté l’accord, Israël a poursuivi ses attaques contre Gaza et a maintenu la plupart des points de passage fermés, bloquant ainsi une aide vitale.
En janvier, le président américain Donald Trump a lancé la création d’un nouveau « Conseil de la paix » chargé de soutenir le cessez-le-feu à Gaza.
Ce conseil, qui fait partie du plan en 20 points de Trump pour mettre fin à la guerre à Gaza, devrait superviser temporairement la gestion du territoire, et environ 60 pays seront invités à y adhérer moyennant une contribution d’un milliard de dollars chacun pour une adhésion permanente.
La guerre génocidaire israélienne a tué près de 72 000 Palestiniens, en a blessé plus de 171 000 autres et a dévasté environ 90 % des infrastructures de Gaza depuis octobre 2023.
L’ONU a estimé les coûts de la reconstruction à environ 70 milliards de dollars.