TV
Infos   /   A La Une   /   Moyen-Orient   /   Afrique   /   L’INFO EN CONTINU

Le président somalien promet d'empêcher l'établissement d'une base israélienne au Somaliland

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le président de la Somalie, Hassan Sheikh Mohamud (Photo d'archives)

Le président de la Somalie a fermement dénoncé l’ingérence du régime israélien dans les affaires intérieures de son pays et a juré de contrer toute présence militaire israélienne dans la région séparatiste du Somaliland.

Dans une interview accordée samedi 7 février, Hassan Sheikh Mohamud a déclaré que la reconnaissance par Israël du Somaliland comme État indépendant était une action irresponsable, fondamentalement erronée et illégale au regard du droit international.

Le Somaliland est une région sécessionniste du nord-ouest de la Somalie, qui couvre un territoire ayant appartenu au protectorat britannique. Malgré sa séparation unilatérale, il demeure internationalement reconnu comme faisant partie de la Somalie.

La région occupe une position stratégique le long de l’une des voies maritimes les plus vitales au monde, une zone déjà en proie à des conflits qui se chevauchent dans la Corne de l’Afrique et en Asie occidentale.

Ces dernières années, le Somaliland a multiplié ses tentatives pour obtenir un soutien étranger, en tissant des liens avec les Émirats arabes unis (EAU) — signataires des Accords d’Abraham avec Israël — et avec Taïwan, dans l’espoir d’arracher une reconnaissance internationale en contournant les autorités de Mogadiscio.

La décision d’Israël fait suite à des allégations selon lesquelles le régime a contacté des responsables du Somaliland pour discuter de l’utilisation de ce territoire pour le déplacement forcé de Palestiniens durant sa guerre génocidaire contre Gaza, qui a tué plus de 72 000 Palestiniens et en a blessé 172 000 autres, principalement des femmes et des enfants.

Bien que les autorités israéliennes et somalilandaises aient démenti ces allégations, un responsable du Somaliland avait déclaré en janvier à la chaîne israélienne Channel 12 qu’une « base militaire israélienne figurait à l’ordre du jour et faisait l’objet de discussions », son éventuel établissement étant subordonné à des conditions précises.

La Somalie a dénoncé la reconnaissance du Somaliland par Israël comme une atteinte directe à son intégrité territoriale et à son unité nationale — une position largement soutenue par les pays africains et arabes —, et a exigé du Premier ministre Benjamin Netanyahou qu’il revienne sur sa décision.

Hassan Sheikh Mohamud a par ailleurs averti sans ambiguïté que Mogadiscio s’opposerait à toute présence militaire israélienne sur son sol. « Nous combattrons avec les moyens dont nous disposons. Bien sûr, nous nous défendrons… Et cela signifie que nous ferons face à toute force israélienne qui pénétrerait en Somalie, car nous nous y opposons et ne le permettrons jamais », a-t-il averti.

Il a affirmé que les agissements israéliens, qui violent la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Somalie, compromettent également la stabilité, la sécurité et les échanges d’une manière qui affecte l’ensemble du continent africain, la mer Rouge et le monde.

Le président somalien a souligné que l’usage meurtrier de la force par Israël à Gaza était indissociable des événements au Somaliland, les deux situations traduisant, selon lui, un affaiblissement des normes et des contraintes internationales.

« L’une des principales préoccupations mondiales est l’affaiblissement de l’ordre international établi, fondé sur des règles. Cet ordre n’est plus intact », a-t-il déclaré.

Il a averti que les institutions mises en place après la Seconde Guerre mondiale sont gravement menacées, car l’idée que « les puissants ont raison » remplace de plus en plus le respect du droit international. L’administration du président américain Donald Trump, quant à elle, n’a pas encore signalé de changement significatif de sa position sur le Somaliland.

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV