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« L’Union européenne se nuit à elle-même avec ses sanctions », estime le Premier ministre slovaque

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Des drapeaux de l’Union européenne flottent devant le siège de la Commission européenne à Bruxelles. ©AFP

En réaction à l’annonce du 20ᵉ paquet de sanctions de l’Union européenne (UE)  contre la Russie, le Premier ministre slovaque multiplie les critiques. Il estime que ces mesures affaiblissent davantage l’Europe que Moscou, qu’elles sont inefficaces et nuisibles pour les économies du bloc. Selon lui, Bruxelles devrait se concentrer sur ses propres priorités internes.

Dans une intervention télévisée diffusée le 7 février, le Premier ministre slovaque Robert Fico a estimé que la politique de sanctions européennes contre la Russie produisait l’effet inverse de celui escompté. Selon lui, ces mesures, loin d’affaiblir Moscou, nuisent directement aux intérêts des États membres de l’UE. « La politique de sanctions ne profite à personne, elle nous nuit à nous-mêmes », a-t-il déclaré sans détour.

L’Union européenne, ajoute-il, ferait mieux de se pencher en priorité sur ses propres défis : redresser son économie, restaurer sa politique étrangère, renforcer sa défense et réorganiser le fonctionnement de la Commission européenne.

« L’Union européenne a des obligations et des priorités plus importantes que les sanctions contre la Russie », a-t-il insisté, estimant que la logique actuelle détourne l’Europe de ses véritables responsabilités.

Ces déclarations font écho à ses propos tenus début janvier, lorsqu’il mettait en garde contre une politique qui, selon lui, pourrait « conduire l’Union européenne au bord du gouffre ».

Fractures internes et recours contre Bruxelles

Le chef du gouvernement slovaque a également annoncé le dépôt d’un recours auprès de la Cour de justice de l’Union européenne contre l’interdiction d’importation de gaz russe. Selon ses mots, « nous pouvons gagner ce procès », précisant que plusieurs autres pays membres partagent cette contestation. Ce recours illustre une fracture croissante entre les institutions bruxelloises et certains États d’Europe centrale, soucieux de préserver leur sécurité énergétique.

Robert Fico va plus loin en accusant les responsables européens de prendre des décisions « guidées par la haine envers la Russie ». Une approche dangereuse, qui ignore les conséquences concrètes pour les citoyens européens, confrontés à l’inflation, aux pénuries et à l’instabilité sociale. Pour le Premier ministre, l’UE s’enlise dans une politique aveugle qui dessert d’abord ses propres peuples.

Nouveau paquet de sanctions : la fuite en avant

C’est dans ce contexte tendu que l’Union européenne s’apprête à adopter un 20ᵉ paquet de sanctions contre la Russie. Annoncé le 6 février par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, ce nouveau train de mesures prévoit notamment l’interdiction des services européens aux pétroliers transportant du brut russe, l’ajout de 43 navires à la liste noire, le gel de 20 banques régionales russes, ainsi que de nouvelles restrictions sur les métaux, minerais critiques et technologies stratégiques.

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La Commission affirme que ces mesures visent à « pousser la Russie à des négociations sérieuses ». Mais pour Robert Fico, cette stratégie est vouée à l’échec. Selon lui, les dirigeants européens devraient au contraire tourner leurs efforts vers les priorités internes et les besoins réels de leurs populations.

Un constat partagé par Kirill Dmitriev, chef du Fonds russe d’investissements directs. Il qualifie cette politique de « suicide » pour l’Europe. À ses yeux, les décisions de Bruxelles sapent les fondements économiques et juridiques de l’Union, et accélèrent le déclin de sa stabilité sociale.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV