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L'Iran ciblera les bases militaires américaines de la région en cas d'attaque (Araghchi)

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Seyyed Abbas Araghchi, lors de son intervention à la table ronde d'ouverture du Forum Al-Jazeera, le 7 février 2026.

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Seyyed Abbas Araghchi, a averti qu’en cas d’agression ouverte des États-Unis, les bases militaires américaines en Asie de l’Ouest seront prises pour cible.

« Si les États-Unis nous attaquent, nous viserons leurs bases dans la région », a affirmé M. Araghchi dans une interview exclusive à la chaîne d’information Al Jazeera, après son intervention à la 17ᵉ édition du Forum d’Al Jazeera, ce samedi 7 février à Doha, la capitale qatarie.

Le ministre iranien a souligné que les forces armées iraniennes sont pleinement préparées à répondre fermement à toute action hostile, tout en clarifiant que seules les bases américaines seront visées et non pas le territoire des pays voisins.

Le chef de la diplomatie iranienne a réaffirmé que le programme balistique de la République islamique d’Iran n’est pas négociable. « C’est une question purement défensive qui dépasse le cadre de toute discussion. »

Concernant le programme nucléaire pacifique du pays, Abbas Araghchi a déclaré que l’enrichissement d’uranium est le droit inaliénable de l’Iran et que ce processus doit se poursuivre. Il a par la même occasion condamné les frappes américaines contre les centrales nucléaires du pays, précisant que ces mêmes attaques n’avaient pas éliminé les capacités de l’Iran en la matière.

Il a, par ailleurs, catégoriquement rejeté l’idée d’un enrichissement d’uranium à 0 %, déclarant que cette question n’entre pas dans le cadre des négociations.

Dans son interview, M. Araghchi a également évoqué le nouveau cycle de négociations nucléaires entre l’Iran et les États-Unis, tenu vendredi 6 février à Mascate, la capitale omanaise. Il a qualifié ces négociations de « bon début », soulignant qu’un long chemin reste cependant à parcourir pour rétablir la confiance.

M. Araghchi a ajouté que les discussions avec les États-Unis étaient indirectes et se limitaient exclusivement à la question nucléaire.

Il est à évoquer que l’Iran a tenu cinq cycles de négociations en vue de remplacer l’accord nucléaire de 2015, avant les frappes aériennes américano-israéliennes menées contre le pays et ses installations nucléaires à la mi-juin 2025.

Téhéran a maintes fois insisté sur le fait que tout accord dépourvu d’avantages économiques concrets sera sans valeur pratique, ce qui rend le calendrier et l’issue des négociations particulièrement importants pour l’Iran.

Sur le plan nucléaire, l’Iran insiste sur son droit légal d’enrichir l’uranium sur son territoire, qualifiant cette question de ligne rouge dans les négociations. Du point de vue de Téhéran, toute mesure technique potentielle ne peut être envisagée que dans un cadre reconnaissant ce droit, et toute condition préalable allant au-delà sera perçue comme un signe de mauvaise foi de la part de l’autre partie.

La doctrine de l’impunité ne produira pas la paix ; elle produira un conflit plus large

Intervenant en tant qu’invité spécial lors de la table ronde d’ouverture du Forum d’Al Jazeera, M. Araghchi a déclaré que la guerre à Gaza est devenue une épreuve décisive pour le droit international et la crédibilité morale mondiale : « Que personne ne s’y trompe : une région ne peut être maintenue stable en permettant à un acteur d’agir au-dessus des lois. La doctrine de l’impunité ne produira pas la paix ; elle produira un conflit plus large. »

Le chef de la diplomatie iranienne a averti que la crise humanitaire en cours à Gaza est la conséquence d’un projet expansionniste qui ne se limite pas à la Palestine, mais menace la sécurité et la stabilité régionales et mondiales. De plus, il a mis en garde que les destructions et les déplacements forcés risquent aussi d’ouvrir la voie à de nouvelles annexions en Cisjordanie.

Eu égard au fait qu’Israël prône une domination militaire permanente sur la région, en affaiblissant les États voisins, les pays musulmans, les États arabes et les pays du Sud devraient former un front diplomatique uni, selon le ministre iranien. « Il ne s’agit pas de confrontation, mais d’empêcher que la région ne soit remodelée par la force », a-t-il ajouté.

Pour le chef de la diplomatie iranienne, la question palestinienne façonne l’avenir de la région et la campagne militaire d’Israël à Gaza.

Abbas Araghchi a également mis en garde contre les conséquences de l’impunité dont bénéficie Israël, soulignant que cette situation constitue une menace pour la stabilité régionale et mondiale.

Le chef de la diplomatie iranienne a également dénoncé la politique de deux poids, deux mesures dans les domaines de la sécurité et du contrôle des armements et appelé à une action internationale concrète, notamment à un embargo sur les armes à destination d’Israël et à un processus politique crédible pour garantir le droit des Palestiniens à l’autodétermination.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV