Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a déclaré que le nouveau cycle de négociations nucléaires indirectes avec les États-Unis, qui s’est tenu à Mascate, la capitale omanaise, constituait un « bon début » et pouvait se poursuivre.
« La décision sur la manière de poursuivre les négociations sera prise après des consultations dans les capitales », a-t-il déclaré à l’IRIB à l’issue des pourparlers menés sous l’égide d’Oman vendredi.
Il a ajouté qu’en ce qui concerne la poursuite des négociations, « il semble qu’un consensus existe ».
Il a souligné que la poursuite des pourparlers dépendait des consultations dans les capitales et d’une décision sur la manière de procéder.
Le principal négociateur iranien a déclaré que les négociations indirectes avaient débuté après des heures de consultations intensives dans une « atmosphère positive ».
Au cours des six heures de discussions, plusieurs réunions indirectes et séries de consultations ont eu lieu, et le ministre omanais des Affaires étrangères, Sayyid Badr Al Busaidi, a joué un rôle « actif » en accueillant et en transmettant les messages et les points de vue des deux parties, a déclaré M. Araghchi.
« Au cours de ces pourparlers [qui ont eu lieu] après une longue interruption, les positions et les préoccupations de l’Iran ont été pleinement exprimées ; nos intérêts, les droits du peuple iranien et tous les points qui devaient être abordés ont été communiqués dans une atmosphère très positive, et les points de vue de l’autre partie ont également été entendus », a-t-il expliqué.
Il a indiqué que le calendrier et les modalités du prochain tour de pourparlers seront déterminés lors de consultations ultérieures avec le ministre omanais des Affaires étrangères.
Les deux parties sont convenues de reprendre les pourparlers huit mois après la guerre israélienne contre l’Iran qui a engendré une immense méfiance et constitué un défi majeur aux négociations, a-t-il ajouté.
« Nous devons d’abord surmonter ce climat de méfiance, et ce n’est qu’alors que nous pourrons définir un cadre pour un nouveau dialogue, un dialogue qui puisse… garantir les intérêts du peuple iranien », a souligné Araghchi.
Il a indiqué que de bonnes discussions avaient eu lieu entre les deux parties et qu’il avait été convenu de poursuivre le processus.
Les discussions portent exclusivement sur la question nucléaire
« Nos discussions sont exclusivement consacrées à la question nucléaire et nous n’abordons aucun autre sujet avec les Américains », a déclaré le ministre.
L’équipe iranienne a souligné que les négociations nucléaires « doivent se dérouler dans un climat apaisé, exempt de tensions et de menaces », a-t-il ajouté.
« Nous avons réitéré ce point aujourd’hui et nous espérons qu’il sera respecté afin que la poursuite des pourparlers soit possible », a-t-il précisé.
Araghchi dirigeait la délégation iranienne de négociation. Il était assisté de ses adjoints, Majid Takht-Ravanchi, Kazem Gharibabadi et Hamid Qanbari, ainsi que du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï.
La délégation américaine était dirigée par l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, qui était accompagné du gendre et conseiller du président Donald Trump, Jared Kushner, et notamment, de l’amiral Brad Cooper, commandant du Commandement central des États-Unis (CENTCOM). La présence de Cooper a suscité l’attention, sa participation n’ayant pas été annoncée au préalable.
Le ministre omanais des Affaires étrangères faisait la navette entre les deux parties, les pourparlers se déroulant comme auparavant de manière indirecte.
Dans un message publié sur X, le ministre omanais des Affaires étrangères a qualifié les discussions de « très sérieuses ».
« Il a été utile de clarifier les positions iranienne et américaine et d’identifier des pistes de progrès. Nous prévoyons de nous réunir à nouveau prochainement, et les résultats seront examinés attentivement à Téhéran et à Washington », a-t-il ajouté.
Parallèlement, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que les deux parties s’étaient accordées à poursuivre les pourparlers.
« Tout en expliquant leurs points de vue et leurs exigences, les parties se sont convenues de fixer la date du prochain tour de négociations après des consultations dans leurs capitales respectives », a-t-il écrit sur X.
La principale revendication de l’Iran au cours des pourparlers de Mascate est la levée effective et vérifiable des sanctions économiques et financières, affirment des responsables iraniens.
Téhéran a maintes fois souligné qu’un accord dépourvu d’avantages économiques concrets serait inutile, d’où l’importance capitale, pour la partie iranienne, du calendrier et de l’issue des négociations.
Sur le plan nucléaire, l’Iran insiste sur son droit légal d’enrichir de l’uranium sur son territoire, qualifiant cette question de ligne rouge dans les négociations. Du point de vue de Téhéran, toute mesure technique potentielle ne peut être envisagée que dans un cadre reconnaissant ce droit.
L’année dernière, l’Iran et les États-Unis ont tenu cinq tours de négociations indirectes, sous l’égide d’Oman, sur le programme nucléaire pacifique iranien, avant que le régime israélien ne fasse dérailler les efforts diplomatiques en lançant une guerre non provoquée contre l’Iran.