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Le Niger intente une action en justice contre le géant français de l'uranium Orano pour destruction écologique

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La mine d'uranium à ciel ouvert de Tamgak est visible sur le site minier de Somair, exploité par Areva, à Arlit, au Niger, le 25 septembre 2013. ©Reuters

Les autorités nigériennes envisagent d'engager des poursuites judiciaires contre le géant français de l’uranium Orano (ex-Areva), l’accusant d'avoir causé de graves dommages environnementaux et sanitaires au cours de décennies d'exploitation minière dans le pays.

Un comité d’experts chargé de préparer des plaintes contre l'opérateur nucléaire français Orano a été mis en place, mercredi, lors d'une cérémonie présidée par le ministre de la justice Alio Daouda.

Le ministre a indiqué que la décision des autorités nigériennes de nationaliser l’exploitation des ressources minières a suscité plusieurs procédures du groupe Orano contre le Niger devant le Centre International de Règlement des Différents (CIRDI) « pour revendiquer une soi-disant propriété minière sur les terres nigériennes ».

C’est pourquoi, a poursuivi le ministre, le Niger a décidé à son tour « d’initier des procédures judiciaires contre Orano en s’entourant de toutes les précautions pour l’attraire devant les juridictions nationales et étrangères afin d’obtenir condamnation et réparations des préjudices subis ».

Évoquant les missions du comité, le ministre Alio Daouda a précisé qu’elles visent à recueillir « toutes les violations des règles relatives à l’environnement, à la santé et à la fiscalité » commises par l’opérateur français dans le cadre de l’exploitation de l’uranium nigérien. Il a martelé que des poursuites seront engagées contre Orano « devant n’importe quelles instances juridictionnelles et arbitrales nationales, régionales et internationales, y compris même devant les juridictions françaises ».

Aucune réaction n’a été enregistrée de la part de l’opérateur français par rapport à l’annonce des autorités nigériennes, mercredi à 16h GMT.

Le mardi 02 décembre dernier, les autorités nigériennes avaient déjà annoncé leur intention de poursuivre Orano en justice, après la découverte de « 400 tonneaux contenant de la carotte radioactive » sur un ancien site d'exploitation de l'uranium abandonné par Orano dans le département d'Arlit situé dans le nord du Niger.

« Cette société a porté et continue de porter atteinte à la santé des Nigériens par la planification des crimes de masse caractérisés par l’emploi de substances radioactives, de mise en danger de la vie d’autrui et de dégradations de l’environnement », précisant que « les mesures de doses effectuées sur ces matières révèlent une toxicité dont le taux varie entre 7 et 10 microsieverts par heure alors que la dose normale est de 0,5 micro sievert » et que « les échantillons prélevés ont mis en évidence l'association de deux produits, à savoir le bismuth 207 et le chrome X ».

Lire plus: Le Niger lance l’exportation mondiale de sa production d’uranium

Entreprise détenue par l'État français, Orano a remplacé l'ancienne Areva qui détenait le monopole de l'exploitation de l'uranium nigérien pendant plus d'un demi-siècle. À la suite du coup d'État militaire du 26 juillet 2023, les nouvelles autorités nigériennes ont rompu tous les accords liant le Niger et la France, dont celui sur l'exploitation de l'uranium par Orano.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV