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Le nombre de personnes hébergées chez des tiers en hausse, faute de ressources ou de logement

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Des tentes dans lesquelles dorment des personnes sans abri à Paris, le 14 novembre 2023. ©AFP

Selon le 31e rapport de la Fondation pour le logement des défavorisés, publié le 2 février, plus de 600 000 personnes sont hébergées chez des tiers, faute de ressources ou de logement. Un phénomène qui s’aggrave avec la crise économique et la pénurie de logements sociaux, alertant sur une « année noire ».

Ce rapport accablant met en lumière une dégradation continue des indicateurs du mal-logement en France, où 1,1 million de personnes n’ont pas de domicile personnel. Parmi elles, 600 000 se trouvent forcées de vivre chez des proches ou des amis, un phénomène en hausse de 15 % depuis 2013, exacerbé par la pauvreté touchant 15,4 % de la population.

Un mal-logement invisible et croissant

La Fondation pour le logement des défavorisés, anciennement Fondation Abbé Pierre, dénonce dans son rapport annuel une spirale inquiétante après des années d’abandon par l’État. Les coupes budgétaires depuis 2018 ont réduit la part de la richesse nationale allouée au logement, rendant impossible de faire plus avec moins. Résultat : la précarité résidentielle explose, nourrie par les séparations conjugales, le chômage, les emplois précaires et l’immigration.

Parmi les situations les plus préoccupantes, l’hébergement chez un tiers concerne un large spectre : jeunes adultes chez leurs parents, personnes âgées sans lien familial direct, ou migrants en situation irrégulière. En 2020, 590 000 personnes étaient hébergées chez des amis, cousins ou enfants, contre 513 000 en 2013. « On est souvent fatigués, on est 10 dans la maison, des fois c’est compliqué pour dormir, parce que c’est trop petit ou bruyant », témoigne Haviva, une enfant de 6 ans hébergée avec sa mère dans l’Isère.

Cette cohabitation forcée, qualifiée de « solution palliative pénalisante », peut mener à des abus, violences ou pertes d’intimité. Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation très marquée à gauche, liste les profils touchés : jeunes sortants de l’aide sociale à l’enfance, exilés, ou personnes en rupture conjugale. Jean-Baptiste Eyraud, du DAL, alerte : c’est « la dernière marche avant la rue ». Sur les réseaux sociaux, les réactions fusent. La députée LFI Anaïs Belouassa Cherifi tweete : « La Fondation pour le logement a publié son rapport annuel 2025 sur l’état du mal-logement en France. Cette année encore, le constat est accablant. 350 000 personnes sont aujourd’hui sans domicile et 912 personnes sont mortes à la rue en 2024. Dans la 7ème puissance mondiale, mourir à la rue n’est pas une fatalité. C’est le résultat de choix politiques ».

De son côté, le ministère de l’Écologie et du Logement répond : « Face à la réalité du mal-logement, l’État agit à la fois dans l’urgence et dans la durée ».

La Fondation appelle à des solutions structurelles : reconnaissance institutionnelle, accompagnement renforcé et actions locales. À l’approche des municipales, elle interpelle les élus pour respecter la loi SRU, lutter contre la précarité énergétique et encadrer les loyers.

L’association, fondée par le controversé abbé Pierre, appelle à la construction de 400 000 logements par an promise par le gouvernement. Sans cette mesure, la crise s’aggravera, touchant 4,2 millions de mal-logés et 12,3 millions de fragilisés.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV