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Saint-Denis : le silence de la mairie face aux accusations de violences visant la police municipale

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Humiliations, violences physiques, agressions sexuelles… Les témoignages à l’encontre de policiers municipaux se multiplient à Saint-Denis. (Photo à titre d'illustration/Emploi Public)

Des accusations de violences, d’abus de pouvoir et d’agressions sexuelles visant des agents de la police municipale de Saint-Denis sont révélées par L’Humanité. Associations et élus d’opposition dénoncent l’absence de réaction claire de la mairie.

Des accusations d’agressions sexuelles, de violences physiques et d’abus de pouvoir visant certains agents de la police municipale de Saint-Denis mettent en cause la gestion de la sécurité par la municipalité dirigée par le maire socialiste Mathieu Hanotin, selon une enquête publiée par le quotidien français L’Humanité.

D’après le journal, plus de 20 millions d’euros auraient été investis dans la police municipale depuis l’arrivée de Mathieu Hanotin à la tête de la ville en 2021. Ces investissements auraient notamment porté sur la construction d’un commissariat, l’armement létal des agents, le quadruplement des effectifs et l’installation de 700 caméras de vidéosurveillance.

Des choix justifiés par la municipalité au nom de la sécurité, mais qui auraient, selon des acteurs associatifs, favorisé un « sentiment d’impunité » chez certains agents.

La Ligue des droits de l’Homme (LDH) de Saint-Denis affirme avoir recueilli, au cours des six dernières années, des dizaines de témoignages d’habitants dénonçant des comportements abusifs de la part de policiers municipaux. Ces témoignages émanent de personnes de profils variés ; travailleurs, jeunes ou femmes et font état de prises à partie verbales, de propos déplacés, de tutoiements, mais aussi de violences physiques, tels que des tirs de flash-ball, des mises au sol jugées étouffantes, des amendes contestées ou des mises en fourrière arbitraires.

Selon la LDH, toujours citée par la même source, ces pratiques s’éloigneraient de la mission de proximité et d’apaisement assignée à la police municipale. L’Humanité rapporte également le témoignage d’une habitante affirmant avoir assisté, le 25 janvier, à une interpellation violente menée par plusieurs agents municipaux sur le boulevard Marcel-Sembat.

Face à la multiplication de ces signalements, la LDH locale avait rencontré en novembre 2024 le directeur de cabinet du maire, David Le Bon, ainsi que l’adjointe à la sécurité, Gwenaëlle Badufle Douchez. L’association évoque un « déni » et une « minimisation des faits » lors de cet échange. Plus d’un an après, elle estime que la situation n’a pas évolué.

Des élus d’opposition partagent ce constat. Sofia Boutrih, élue communiste à Saint-Denis, affirme que le sentiment de sécurité des habitants s’est dégradé et que certains Dionysiens surnomment désormais les policiers municipaux les « cow-boys ».

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SOURCE: FRENCH PRESS TV