TV
Infos   /   A La Une   /   Moyen-Orient   /   Europe   /   France   /   L’INFO EN CONTINU

Un tribunal français condamne une militante pro-palestinienne à 15 mois de prison pour des publications anti-génocide

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Amira Zaiter, a comparu de nouveau devant le tribunal correctionnel de Nice ce vendredi 23 janvier 2026. ©France Télévisions

Une militante pro-palestinienne niçoise a été condamnée à 15 mois de prison pour avoir reposté sur les réseaux sociaux, des publications dénonçant la guerre génocidaire menée par Israël contre Gaza.

La cofondatrice de l'association Nice à Gaza  Amira Zaiter comparaissait de nouveau devant le tribunal correctionnel de Nice ce vendredi 23 janvier 2026, dans le cadre d’une campagne plus large visant à réprimer les discours anti-génocide et à faire taire les voix pro-Palestine.

Le jugement figure parmi les peines les plus sévères infligées en France ces dernières années pour l’expression politique en ligne, ce qui, selon les défenseurs des droits de l’homme, reflète une évolution dangereuse vers la criminalisation de la dissidence pour la remise en cause des politiques israéliennes.

Zaiter a comparu devant le tribunal après avoir passé près de deux mois en détention provisoire, où elle avait été séparée de sa jeune fille et fortement limitée dans ses contacts avec le monde extérieur.

Les procureurs ont porté des accusations liées à des publications diffusées sur les plateformes de médias sociaux X et Instagram entre le 26 juin et le 13 octobre 2025.

La dernière affaire portait sur la republication par Zaiter de documents antisionistes, sa description des actions d’Israël à Gaza comme étant génocidaires et ses expressions de solidarité avec le mouvement de résistance palestinien Hamas face à l’agression israélienne continue.

Le parquet a requis une peine de deux ans de prison, le maintien en détention, l'inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions terroristes (FIJAIT), une interdiction d'exercer une fonction publique pendant dix ans et des sanctions financières.

Cependant, selon les observateurs judiciaires, les juges ont reconnu Zaiter coupable de 12 infractions. Le tribunal l'a condamnée à 15 mois de prison ferme, a ordonné son inscription au fichier FIJAIT et l'a interdite d'exercer toute fonction publique pendant dix ans.

En outre, le tribunal a ordonné à Zaiter de verser 6 200 euros de dommages et intérêts à plusieurs organisations sionistes, dont la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) et le Conseil représentatif des institutions juives de Sud-Est de la France (CRIF Sud-Est).

Ce verdict constitue la deuxième condamnation de Zaiter liée à son soutien affirmé à la Palestine et au Hamas.

En novembre 2024, elle a été condamnée à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis. Cette peine a ensuite été commuée en 18 mois par la cour d'appel d'Aix-en-Provence, dont 12 avec sursis et une période de probation.

L'affaire faisait également référence à une publication concernant Illan Choukroune, réserviste français servant dans l’armée israélienne, que Zaiter qualifiait de génocidaire. Elle a maintenu ses propos et s’est dite choquée qu’un tel discours politique ait été traité comme haineux.

L'avocat de la défense, Kada Sadouni, a condamné le jugement, le qualifiant de profondément injuste, et averti que cette affaire soulève de sérieuses inquiétudes quant à la liberté d'expression, au débat public et à la censure systématique des opinions jugées politiquement gênantes.

Il a déclaré que le tribunal semblait déterminé à faire un exemple de Zaiter et a confirmé qu'un appel était toujours à l'étude.

 

Partager Cet Article
SOURCE: FRENCH PRESS TV