Le ministère algérien des Affaires étrangères a convoqué samedi le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger pour protester contre un numéro de « Complément d’enquête », diffusé jeudi sur France 2 et consacré à la crise diplomatique entre les deux pays.
Le chargé d’affaires de l’ambassade de France à Alger, Gilles Bourbao, a été convoqué le 24 janvier au siège du ministère des Affaires étrangères algérien, suite à la diffusion sur France 2 d’une émission de « Complément d’enquête » consacrée à la crise diplomatique entre Paris et Alger, selon un communiqué dudit ministère.
L’émission française, diffusée le 22 janvier dernier, retrace les grandes étapes de la crise qui oppose Paris à Alger. Elle revient également sur les affaires sensibles qui empoisonnent aujourd’hui les échanges entre les deux capitales, dont la mésentente avait décuplé depuis la reconnaissance par Emmanuel Macron de la marocanité du Sahara occidental à l’été 2024.
Le communiqué du ministère des Affaires étrangères algériennes fustige la teneur des propos de l’émission, la présentant « comme un tissu de contre-vérités profondément offensantes et inutilement provocatrices », ce qui a abouti à la convocation du diplomate français Gilles Bourbao, principal interlocuteur diplomatique français en Algérie depuis le rappel en dernier de l’ambassadeur Stéphane Romatet.
« Rumeurs et coups tordus : la guerre secrète France Algérie» est présentée comme une « véritable agression contre l’État algérien » par l’institution. Le diplomate français Gilles Bourbao, fréquemment convoqué par l'Algérie pour s’expliquer sur les agissements français envers Alger, s’est également vu reprocher la «contribution» de l’ambassade de France en Algérie dans cette « campagne outrageante », le ministère algérien précisant que le documentaire aurait reçu « l’onction de services officiels français ».
Dans ce numéro de « Complément d’enquête », l’ambassadeur revient notamment sur la décision d’Emmanuel Macron, fin juillet 2024, de soutenir la proposition marocaine d’autonomie pour le territoire disputé du Sahara occidental, suivie par le rappel par Alger de son ambassadeur à Paris. Alger soutient dans ce conflit le Front Polisario, opposé à Rabat.
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris, Chems-Eddine Hafiz, affirme dans l’émission que ce soutien de Paris à Rabat sur le Sahara occidental « a mis fin à la relation » entre les deux chefs d’État.