Un sondage réalisé dans plusieurs pays de l’Union européenne montre qu’une majorité relative d’Européens perçoivent désormais Donald Trump comme l' « ennemi de l'Europe ».
Selon un sondage publié vendredi 23 janvier par la revue française de géopolitique Le Grand Continent, 51 % des personnes sondées parmi sept pays européens considèrent le président américain comme un « ennemi » de l’Europe. Au Danemark, allié historique des États-Unis, ils sont 58 % à penser ainsi, le chiffre le plus élevé, au même niveau que les Espagnols (55 % en France).
Il est aussi davantage perçu comme se comportant en dictateur : 44 % des Européens partagent ce constat.
Ce sondage a été réalisé auprès de 7 498 personnes qui résident dans les sept États européens suivants : la France, la Belgique, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Danemark, la Pologne, avec des échantillons supérieurs à 1 000 personnes dans chacun d'entre eux.
Le sondage intervient sur fond des menaces proférées par Donald Trump pour s’emparer le Groenland, un territoire européen stratégique et riche de ressources naturelles. Le président américain est allé jusqu’à évoquer explicitement le recours à la force militaire pour parvenir à ses fins.
Ce sondage marque un véritable tournant des relations entre le Vieux Continent et les États-Unis. À tel point que 73 % des Européens estiment que l’UE ne doit plus compter que sur elle-même pour se défendre (81 % en France, 79 % en Belgique et 73 % en Allemagne), contre 22 % qui considèrent qu’elle peut encore s’appuyer sur Washington.
Le 20 décembre, le gouverneur de Californie, Gavin Newsom a exhorté les pays européens à sortir de leur passivité face aux ambitions impérialistes de Donald Trump. Il a rejeté toute diplomatie avec le président américain qu’il a qualifié de T-Rex dévorant, et préconisé une approche de « feu par le feu ».
Selon le gouverneur démocrate, Donald Trump est loin d’être aussi invulnérable qu’il le prétend. « Il est passé maître dans l’art d’exploiter les faiblesses, mais il recule lorsqu’on le frappe au visage », affirme-t-il encore.
De nombreux Français installés aux États-Unis expriment leur inquiétude face aux politiques de Donald Trump. Un rapport de BFM TV met en lumière les difficultés qu’ils rencontrent depuis son retour à la présidence, il y a un an.
« C'est une catastrophe », dit Mélina, 46 ans, une Française vivant depuis dix ans aux États-Unis - elle a d'ailleurs la citoyenneté américaine. Avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, cette assistante d'enseignement de Virginie voit son quotidien lentement empirer. « Mon salaire ne couvre que le loyer. Tout a augmenté. Si je mange, c'est grâce aux aides locales », ajoute-elle qui a quand même précisé que ces aides se sont progressivement raréfiées au cours des mois précédents.
Cette mère de famille évoque les familles avec enfants vivant dans des conditions particulièrement précaires, notamment une famille ayant un enfant autiste, dont elle s’occupait à l’école, qui se retrouve désormais à la rue.
« On est moins payés », raconte Blandine, une infirmière française de 44 ans qui vit à Atlanta depuis huit ans. « Les personnes qui viennent à l'hôpital ne peuvent plus payer faute d'assurance santé, mais on les soigne quand même. Du coup, l'hôpital doit faire des économies. »