Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a déclaré mardi que le bras de fer avec l'Iran concernant la comptabilisation de son « stock d'uranium hautement enrichi » et l'inspection des installations nucléaires bombardées par les États-Unis et Israël ne pouvait pas durer éternellement.
« L’AIEA a inspecté les 13 installations nucléaires déclarées en Iran qui n'ont pas été bombardées, mais n'a pas pu inspecter les trois sites clés qui ont été bombardés en juin - Natanz, Fordow ou Ispahan » - a-t-il dit lors d'une interview au Forum économique mondial de Davos.
« Cela ne peut pas durer éternellement car à un moment donné, je devrai dire : « Eh bien, je n'ai aucune idée de l'endroit où se trouve ce matériel », ce qui signifierait qu'il n'y aurait aucune garantie que le matériel n'ait pas été détourné ou caché », a-t-il ajouté.
« Je n'ai pas cette conviction ni cette conclusion pour le moment, mais ce que nous disons à l'Iran, c'est qu'il doit s'engager. »
L'Iran souligne toujours coopérer pleinement avec l'AIEA.
Interrogé sur la possibilité de résoudre le problème ce printemps, il a répondu : « C'est un délai raisonnable. »
L'AIEA a confirmé en novembre avoir inspecté la plupart des installations nucléaires iraniennes qui n'avaient pas été touchées par les frappes américaines et israéliennes. Elle a poursuivi ses inspections jusqu'à fin décembre, a précisé Grossi.
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En dépit de la coopération continue de l'Iran avec l'AIEA, il est difficile de ne pas souligner l'attitude contradictoire de cette instance à l'égard de Téhéran.
En effet, bien que l'Iran ait toujours respecté ses engagements et permis un contrôle rigoureux de ses installations nucléaires, l'AIEA n'a pas réagi aux attaques de juin 2025 menées par Israël et les États-Unis contre les sites nucléaires iraniens protégés.
Ces frappes, qui ont endommagé des installations sensibles comme Natanz, Fordow et Ispahan, n'ont pourtant suscité aucune condamnation de la part de l'AIEA.
L'Agence semble ainsi fermer les yeux sur ces violations flagrantes du droit international, mettant en lumière une gestion à deux vitesses.
L'absence de réaction de l'AIEA face à ces attaques soulève de sérieuses questions sur son impartialité.
L'Iran, sous surveillance stricte de l'AIEA avec des inspections régulières et une transparence totale, s'interroge sur le silence de l'Agence face aux agressions américano-israéliennes menaçant la stabilité régionale.
Il est essentiel que l'AIEA adopte une position plus cohérente et équitable en condamnant fermement toute forme d'agression militaire contre les installations nucléaires pacifiques iraniennes.