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Les prisons de la France pointées du doigt pour des conditions de détention dégradantes

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Une cellule de confinement des hommes en France. ©CGLPL

La surpopulation carcérale atteint un niveau critique en France, avec plus de 86 000 détenus pour 64 000 places. Les établissements, souvent vétustes et insalubres, ont été dénoncés pour leurs conditions dégradantes infligées aux détenus.

En termes de densité carcérale en Europe, seules la Slovénie (134 %) et Chypre (132 %) font pire que la France (124 %), pour des populations globales moindres, selon le rapport du Conseil de l’Europe pour 2024. Depuis, la situation continue de se dégrader, avec plus de 86 000 détenus pour moins de 64 000 places au 1er décembre 2025 (135,6 %).

Le problème est concentré sur les maisons d’arrêt : 165 % de densité carcérale dans ces établissements où sont théoriquement incarcérés les détenus en attente de procès ou condamnés à de courtes peines. Une trentaine compte plus de deux détenus pour une place. Au 1er décembre 2025, 6 446 matelas avaient dû être installés au sol, soit 50 % de plus en un an (4 255).

Dans un avis publié en novembre 2025, le Contrôleur général des lieux de prévention de liberté (CGLPL), une autorité indépendante, constatait « la vétusté préoccupante de nombreux établissements pénitentiaires », avec un « environnement indigne » pour les détenus comme pour les surveillants.

Environ 40 % du parc immobilier pénitentiaire a été bâti avant 1940. Mais cette insalubrité n’est « pas exclusivement imputable à l’ancienneté des bâtiments », selon le CGLPL, qui évoque des malfaçons ou encore « la prolifération de nuisibles tels que les cafards, les rats et les punaises de lit ». Et la surpopulation carcérale « accélère l’usure ».

Sur 30 000 postes de surveillants, environ 4 000 sont vacants. Avec des conséquences concrètes sur la détention : difficultés à assurer des extractions, à maintenir les activités, épuisement de surveillants soumis à la pression d’une surpopulation qui s’accompagne de tensions et de violence. La Chancellerie a annoncé le recrutement de mille agents supplémentaires en 2026.

Depuis 2013, la France en est à sa neuvième condamnation par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), pour le traitement « inhumain et dégradant » infligé à ses détenus.

En 2016, dans son arrêt Mursic, la CEDH avait estimé qu’accorder moins de 3 mètres carrés d’espace personnel à un détenu violait la Convention européenne des droits de l’Homme. À Nanterre, l’AFP a visité des cellules d’environ 11 m² (toilettes et lavabo compris) où sont installés cinq détenus.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV