La crise du logement n’est pas qu’un problème immobilier conjoncturel. Elle accentue les inégalités sociales et creuse des fractures déjà profondes. En France, 12 millions de personnes sont fragilisés par une crise structurelle du logement.
Le logement est l’une des préoccupations principales des Français, et pour cause : il pèse lourd dans les budgets et conditionne la qualité de vie. 2,5 millions de ménages attendent un logement social. 4 millions de Français sont dits « mal-logés »: ils vivent dans un habitat « dégradé » (cabanes et habitats de fortune, logements sans eau courante, cuisine ou chauffage) ; un logement surpeuplé ; dans des conditions précaires chez des tiers, à l’hôtel ou dans les centres d’hébergement d’urgence.
Au total, 12 millions de Français sont fragilisés par une crise structurelle (locataires en impayés, propriétaires étranglés par des charges élevées, étudiants confrontés à la pénurie de logements dans les grandes villes).
Une crise qui n’est pas qu’un problème immobilier. Elle affecte la santé et l’éducation des plus mal-logés. Elle freine la mobilité et parfois les ambitions professionnelles. Elle pénalise évidemment la mixité sociale, réduisant les opportunités de créer des réseaux sociaux diversifiés. Le tout accentuant le sentiment d’injustice et le ressentiment envers les « bien-logés » et les décideurs, les politiques publiques restant, malgré des efforts notables, mal ciblées. Cette crise est le révélateur et l’accélérateur de fractures sociales profondes.
La situation est restée critique en 2025. Après une chute historique des ventes, la promotion immobilière peine à retrouver un rythme normal. La quasi-disparition des investisseurs particuliers a asséché un segment longtemps moteur. Les stocks de logements continuent également de s’accumuler, prolongeant les délais d’écoulement à des niveaux inédits. Cette inertie pèse lourd sur la trésorerie des promoteurs et fait planer la menace d’une vague de défaillances, dont les premières manifestations sont déjà visibles.
Le 14 janvier, le président de la Fédération nationale de l'immobilier (Fnaim), Loïc Cantin, a dénoncé l'absence de cap politique clair et des « mesurettes » insuffisantes pour le logement qui risquent d'enrayer durablement la reprise du marché.