L'Union européenne (UE) et le Mercosur, bloc sud-américain, ont signé samedi au Paraguay un accord commercial controversé, après 25 ans de négociations.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, ont participé à la cérémonie de signature de cet accord avec le Mercosur, qui regroupe l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay.
« Aujourd'hui, nous signons ici un document important. Il symbolise un nouveau partenariat entre le Mercosur et l'Europe », a déclaré Von der Leyen aux signataires.
Rappelant que l'accord avait résisté aux changements de gouvernement et à de nombreuses réunions ces dernières années, elle a réaffirmé qu'ils étaient en train de « créer la plus grande zone de libre-échange au monde ».
« Cet accord envoie un message fort au monde. Il témoigne d'un choix clair et délibéré. Nous privilégions le commerce équitable aux droits de douane. Nous privilégions un partenariat productif et durable à l'isolement et, surtout, nous entendons apporter des avantages concrets et tangibles à nos populations et à nos entreprises », a souligné Ursula von der Leyen.
L'accord a été approuvé par les États membres de l'UE vendredi dernier, après plus de 20 ans de négociations et des retards en décembre dus aux manifestations d'agriculteurs et à l'opposition de pays comme la France, l'Irlande, la Hongrie et la Pologne.
Aux termes de cet accord, les droits de douane sur les produits agricoles, notamment le bœuf, la volaille, les produits laitiers, le sucre et l'éthanol, seront réduits pour les pays du Mercosur, tandis que les industries européennes bénéficieront d'un accès accru aux marchés sud-américains.
Pour ses partisans, l'accord UE-Mercosur permettra de relancer une économie européenne à la peine et de soigner les relations diplomatiques avec l'Amérique latine.
Pour ses détracteurs, il va bousculer l'agriculture européenne avec des produits moins chers et pas forcément respectueux des normes de l'UE, faute de contrôles suffisants.