La Confédération générale du Travail (CGT) a appelé à une grève pour s’opposer à la mise en place d’un établissement destiné à restreindre les missions des contrôleurs et conducteurs. Plusieurs trains de la ligne Paris-Clermont-Ferrand seront interrompus.
Lancée par la CGT cheminots du Puy-de-Dôme, cette grève est prévue ce dimanche 18 janvier sur la ligne Paris-Clermont-Ferrand. Selon Jean-Baptiste Artaud, porte-parole du syndicat, cette démarche serait « très bien suivie ».
Des conducteurs et contrôleurs s’opposent à la mise en place de l’Établissement « Oxygène » qui est destiné à accompagner l’arrivée du nouveau matériel éponyme sur cette liaison ferroviaire et sur le Paris-Orléans-Limoges-Toulouse dès 2027.
Pour le syndicat, cette réforme conduirait à une « déqualification du métier de contrôleur, une augmentation de sa responsabilité, une baisse de salaire et une désorganisation du travail qualifiée de dangereuse et surtout peu attractive ».
Dans le détail, cet aménagement qui doit « préparer à l’ouverture à la concurrence sur les lignes prévues en 2030 » ne permettrait plus, notamment, de conduire à la fois des trains de marchandises, de voyageurs, de TER ou bien encore d’Intercités.
Le porte-parole du syndicat a cité un exemple que les conducteurs du Paris-Clermont ne conduiront plus que cette ligne, précisant que ceci engendre des problèmes au niveau de l’organisation du travail, parce que les journées ne peuvent pas s’enchaîner correctement.
« Là où il y avait une certaine fluidité avec les trains Transport express régional (TER), on se retrouve avec des conducteurs qui, parfois, n’ont pas de travail et il y a une forme de chômage technique. Sans oublier un problème de monotonie qui peut engendrer des soucis de sécurité », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, la CGT cheminots du Puy-de-Dôme pointe du doigt la supposée fin de l’habilitation sécurité des contrôleurs, une évolution jugée dangereuse.
D’après Artaud, « les tâches de surveillance de montée et descente des voyageurs ou bien de fermeture des portes, qui incombaient avant aux contrôleurs, seront de la responsabilité du conducteur. Et, en cas d’incident ou d’accident, les contrôleurs ne pourront plus venir suppléer le conducteur ou le remplacer dans ces tâches ».
Conscient des désagréments qui découleront de cette grève, le Puydômois assure qu’une rencontre avec les représentants d’usagers est espérée. « On veut leur expliquer tout cela et on est désolés de devoir en arriver là mais eux aussi sont concernés au premier chef », affirme-t-il.