Le président américain a admis que la puissance militaire du général martyr Qassem Soleimani, avait restreint les interventions de Washington, et que les États-Unis avaient eu recours à l’assassinat de ce commandant antiterroriste pour mener à bien leurs machinations dans la région.
« Franchement, c’était un général puissant. Nous n’aurions peut-être pas connu autant de succès en Iran s’il avait été là », a déclaré Donald Trump lors d’un discours prononcé, vendredi 16 janvier, à l’occasion de l’inauguration d’un boulevard à son nom et devant chez lui. L’État de la Floride a en effet rebaptisé le Southern Boulevard reliant l’aéroport de West Palm Beach à la maison de Donald Trump, Mar-a-Lago, une flatterie qui a beaucoup plu au milliardaire.
Pour le président américain, en l’absence du général Soleimani les interventions américaines en Asie de l’Ouest, et plus précisément en Irak, en Syrie, au Liban et à Gaza, ont pu avoir lieu.
Le général de Corps d’armée Qassem Soleimani et Abu Mahdi al-Mohandes, commandant adjoint des Unités de mobilisation populaire irakiennes (Hachd al-Chaabi), ainsi que leurs compagnons, ont été assassinés lors d’une frappe de drone américaine ordonnée par Donald Trump, près de l’aéroport international de Bagdad, la capitale irakienne.
L’assassinat de ce commandant antiterroriste de haut rang, le 3 janvier 2020 a marqué un tournant dans la sécurité régionale puisque les groupes terroristes tels que Daech ou encore Al-Qaïda ont été renforcés par la suite dans le but de servir les intérêts des puissances occidentales et du régime israélien.
Fin 2024, Hayat Tahrir al-Cham (HTC), longtemps considéré comme une organisation terroriste, est parvenu à s’emparer du pouvoir et à renverser le gouvernement du président syrien Bachar al-Assad, avec l’aide de certains acteurs régionaux et internationaux qui complotaient depuis longtemps la chute d’Assad.
« La Syrie est le Front de la Résistance » face aux forces qui cherchent à saper la paix et la stabilité régionales, était le mot d’ordre du général Soleimani qui avait la conviction que la chute de la Syrie dévasterait non seulement le pays lui-même, mais ouvrirait également la porte à un chaos de grande ampleur à travers l’Asie de l’Ouest.
D’ailleurs, l’on constate aujourd’hui que les États-Unis ont augmenté ces dernières années leur soutien militaire et technologique, en plus des supports de renseignement, au régime israélien, notamment dans le cadre du génocide qu’il perpètre à Gaza et dans le sud du Liban. Cette assistance comprend des capacités de surveillance avancées, des systèmes d’armement et un soutien diplomatique qui ont permis à Israël d’échapper à toute responsabilité. À Gaza, le soutien américain renforcé la capacité d’Israël à cibler les infrastructures militaires du Hamas. Au Liban, la pression diplomatique exercée par les États-Unis sur Beyrouth s’est intensifiée dans le but d’établir une feuille de route pour le désarmement du Hezbollah, le seul groupe qui, depuis des années, résiste à l’occupation israélienne.
Dans cette perspective, la remarque de Trump qualifiant le général Soleimani à un puissant général, équivaut à un aveu : si Soleimani était encore en vie, les États-Unis n’auraient pas pu semer le chaos dans la région.