Une cinquantaine de militants de la Confédération paysanne ont été interpellés et placés en garde à vue, mercredi, après avoir pénétré dans une annexe du ministère de l'Agriculture à Paris, rapporte la préfecture de Police de Paris à franceinfo dans la soirée de ce 14 janvier.
Des agriculteurs sont entrés à 16h30, dans le bâtiment de la Direction générale de la performance économique, situé à une centaine de mètres du ministère, dans le 7e arrondissement. Les militants y ont déployé des banderoles pour exposer leurs revendications, comme la fin de l'abattage des troupeaux de bovins touchés par la dermatose nodulaire. Des militants venus d'outre-mer étaient également présents.
À 21h30, 52 manifestants étaient placés en garde à vue, affirme la Confédération paysanne à franceinfo. Parmi eux, trois porte-paroles du syndicat agricole : Fanny Metrat, Thomas Gibert, Stéphane Galais, mais également le président de la chambre d'agriculture de Guyane, Jean-Yves Tarcy et Morgan Ody, coordinatrice générale de la Via Campesina (mouvement altermondialiste). La Confédération paysanne demande dans un communiqué ce mercredi soir, « la libération immédiate » des 52 militants.
Un représentant du ministère de l'Agriculture a déposé plainte, précise la préfecture de police de Paris à franceinfo. Les militants de la Confédération paysanne ont été délogés du bâtiment par les forces de l’ordre dans le calme.
Le syndicat dénonce ces interpellations
La Confédération paysanne dénonce mercredi, dans un communiqué, « la colère des paysans criminalisée par le gouvernement », après ces interpellations. Parmi les personnes interpellées se trouvent « trois porte-paroles nationaux », indique le communiqué.
Selon la Confédération paysanne, « 150 paysans venus de toute la France, dont une importante délégation des Drom (département et région d'outre-mer) », ont participé à l'action. Elle explique que les manifestants ont pénétré dans le hall de la Direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises « à pied et sans aucune violence » pour « dérouler des banderoles à l'intérieur et sur les grilles du bâtiment », ajoute le communiqué.
« Cette action d’occupation des locaux du Ministère » vise à « dénoncer la gestion de la crise de la dermatose nodulaire et l'accord UE-Mercosur », précise le communiqué. La Confédération paysanne demande également « en urgence la refonte des aides du POSEI (une aide européenne pour l'agriculture d'outre-mer) » et « l'augmentation significative des enveloppes agricoles pour la Guyane et Mayotte ».
Plus tôt dans la journée, les militants de la Confédération paysanne ont dénoncé le « deux poids, deux mesures », visant la FNSEA qui a été autorisée par la police à entrer à Paris devant l'Assemblée nationale avec des tracteurs.