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Gaza : un enfant tué chaque jour depuis le cessez-le-feu

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Un jeune garçon marche près de tentes à Jabalia, dans le nord de la bande de Gaza. ©UNOCHA

Depuis le cessez-le-feu qui a débuté le 10 octobre 2025, plus de 100 enfants ont été tués à Gaza, soit environ un par jour. Ce bilan, basé sur les informations disponibles, sous-estime probablement le nombre réel de victimes, car de nombreux cas restent non documentés, a indiqué mardi une agence humanitaire de l’ONU.

Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), la vie à Gaza reste « étouffante » et la survie est toujours « conditionnelle ».

Si les bombardements et les tirs ont ralenti pendant le cessez-le-feu, ils n’ont pas cessé pour autant.

Plus de 100 jeunes tués depuis début octobre. « Ces enfants sont tués par des frappes aériennes, des attaques de drones, y compris des drones suicide », a déclaré depuis la ville de Gaza, James Elder, porte-parole de l’UNICEF, lors d’un point de presse régulier de l’ONU à Genève. « Ils sont tués par des tirs de chars, par des balles réelles, par des quadricoptères [télécommandés] ».

M. Elder a souligné que davantage d’enfants sont morts d’hypothermie ces derniers jours, les conditions hivernales rigoureuses exposant les Gazaouis les plus vulnérables.

« Nous en sommes maintenant à six enfants morts d’hypothermie rien que cet hiver », a-t-il déclaré. « J’aimerais pouvoir prendre une caméra et vous montrer les vents de 30 à 40 kilomètres [à l’heure] qui déchirent les tentes sur la plage. Il fait un froid glacial, et tout est trempé ».

« Ce que le monde appelle aujourd’hui le [calme] serait considéré comme une crise partout ailleurs. Malheureusement, le cessez-le-feu a eu un effet inattendu : les enfants palestiniens de Gaza ont disparu de la scène publique », a regretté le porte-parole de l’UNICEF.

Dans la zone assiégée palestinienne, des enfants comme Abid Al Rahman, 9 ans, sont sacrifiés à la violence. Il ramassait du bois à Khan Younès lorsqu’une frappe aérienne l’a frappé. Un éclat d’obus lui a transpercé l’œil.

« Ce fragment de métal explosif y est toujours logé », a déploré M. Elder, relevant que ce drame résume la réalité quotidienne des enfants gazaouis.

Parallèlement, alors que les frappes israéliennes se poursuivent, de nombreuses restrictions sévères restent en vigueur sur de nombreux produits de première nécessité à Gaza, qu’il s’agisse de fournitures médicales essentielles, de gaz de cuisine, de carburant ou de pièces détachées pour les systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement vitaux.

Dans la bande de Gaza, les évacuations médicales des enfants, désespérément nécessaires, restent au point mort. L’UNICEF reconnaît que deux années de guerre ont rendu l’existence des enfants de Gaza insupportablement difficile. Les enfants vivent toujours dans la peur et leurs traumatismes psychologiques restent sans traitement, s’aggravant et devenant plus difficiles à guérir à mesure que la situation perdure.

« Un cessez-le-feu qui ralentit les bombardements est un progrès, mais un cessez-le-feu qui continue d’enterrer des enfants n’est pas suffisant », a fait valoir M. Elder.

Pour l’UNICEF, il est donc temps de transformer la réduction de la violence en une sécurité réelle : ouvrir l’accès à l’aide, augmenter massivement les évacuations médicales et faire en sorte que ce soit « le moment où le meurtre des enfants à Gaza prendra véritablement fin ».

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SOURCE: FRENCH PRESS TV