Cabinets et cliniques fermés, blocs opératoires à l’arrêt... Alors que la grippe sévit en France, la grève des médecins libéraux qui a débuté ce lundi 5 janvier tombe bien mal pour les patients, qui vont devoir s’adapter à l’absence des blouses blanches.
Prévu pour une durée de 10 jours, ce mouvement social vise à dénoncer certaines mesures les concernant dans le budget de la Sécurité sociale 2026. « Il va y avoir des difficultés d’accès aux soins, c’est évident » prévient Jérôme Marty, président de l’Union française pour une médecine libre (UFLM).
« On ne peut pas faire autrement, le gouvernement n’a pas voulu nous écouter », plaide Jérôme Marty, qui s’attend à une mobilisation d’ampleur. C’est un « mouvement historique, à l’aune de la violence faite à notre profession », campe-t-il.
Selon le représentant, médecins en activité, étudiants, internes, professionnels des cliniques et chirurgiens seront concernés. « Huit cliniques sur dix vont fermer », précise-t-il, alors que selon le syndicat CSMF, le « mouvement sera excessivement suivi » avec 85% de ses adhérents qui ont annoncé leur intention de faire grève, indique l’AFP.
Pour rappel, les médecins s’insurgent contre des mesures inscrites dans le budget de la Sécurité sociale pour 2026, comme le contrôle accru des arrêts de travail ou encore la possibilité pour l’administration de baisser de façon unilatérale les tarifs de certains actes.
« Le gouvernement s’attaque aux fondements même de la médecine, la liberté de prescrire, l’indépendance, on ne peut pas laisser faire ça. On est obligés de dire stop », s’énerve Jérôme Marty. « Le gouvernement a un raisonnement basé sur une économie à court terme. Les réformes vont cisailler la médecine de France », conclut-il.
Le conflit entre les médecins libéraux et le gouvernement entre dans une phase critique avec un arrêt d’activité prévu jusqu’au 14 janvier. Les praticiens de ville et les cliniques s’opposent fermement à la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) 2026. Ce texte, adopté le 16 décembre par l’Assemblée nationale, prévoit notamment un durcissement drastique des règles encadrant les prescriptions d’arrêts de travail.