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Après le Venezuela, Washington menace le Groenland: une provocation impérialiste assumée

US Rep. Ilhan Omar (D-MN) (L) talks with Speaker of the House Nancy Pelosi (D-CA) during a rally with fellow Democrats before voting on H.R. 1, or the People Act, on the East Steps of the US Capitol on March 08, 2019 in Washington, DC. (AFP photo)
Manifestation avec comme slogan « Le Groenland appartient au peuple groenlandais » au consulat des États-Unis à Nuuk au Groenland, le samedi 15 mars 2025. ©AFP

Après l’intervention militaire de l’armée américaine au Venezuela, une publication sur le réseau social X attribuée à Katie Miller, proche de l’administration Trump, a ravivé les inquiétudes autour des ambitions américaines sur le Groenland. L’image montre le territoire autonome danois aux couleurs du drapeau des États-Unis, accompagnée de la mention « Bientôt ».

Katie Miller, ancienne conseillère et porte-parole du département pour l’efficacité gouvernementale (DOGE) et épouse de Stephen Miller, directeur de cabinet adjoint à la Maison-Blanche, a publié ce visuel quelques heures après l'intervention militaire américaine à Caracas. Cette publication a suscité de vives réactions au Danemark, où les autorités y voient une provocation.

L’ambassadeur du Danemark aux États-Unis a rappelé la nécessité d’un « respect total » de l’intégrité territoriale du Groenland. De son côté, le député danois et ancien ministre du Commerce, Rasmus Jarlov, a dénoncé sur X une publication qu’il juge « déplacée », estimant qu’elle banalise la menace d’une attaque ou d’une annexion d’un territoire allié.

Ces réactions interviennent alors que Donald Trump a de nouveau évoqué l’importance stratégique du Groenland pour les États-Unis.

« Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s'en occuper», a réaffirmé le président américain aux journalistes à bord d'Air Force One dimanche soir. « Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois... Parlons du Groenland dans 20 jours », a-t-il ajouté.

Donald Trump avait déjà exprimé à plusieurs reprises son intérêt pour le Groenland par le passé, allant jusqu’à évoquer, en 2019, la possibilité d’un recours à la force, une hypothèse alors fermement rejetée par Copenhague et Nuuk. 

L’ambassadeur du Danemark aux États-Unis, Jesper Møller Sørensen, a fermement réagi à la publication sur X, soulignant que le royaume danois et les États-Unis sont “des alliés proches” mais que le Danemark attend “le respect total de l’intégrité territoriale du Royaume du Danemark”, rappelant que le Groenland fait partie du royaume et est protégé par des accords internationaux.

Depuis plusieurs années, Donald Trump a réitéré son intérêt pour le Groenland, un territoire autonome appartenant au Danemark, qu’il juge essentiel pour la sécurité nationale des États-Unis. Il a d’abord évoqué, en 2019, l’idée d’un rachat du Groenland, proposition rejetée par Copenhague à l’époque, puis a continué à insister sur l’importance stratégique de l’île dans le cadre de sa seconde présidence.

Le débat s’est intensifié récemment, Trump affirmant que les États-Unis « ont absolument besoin du Groenland » pour des raisons de défense. Dans le passé, il n’a pas exclu de recourir à l’usage de la force pour prendre le contrôle de ce territoire si nécessaire, une position qui a suscité l’inquiétude et la condamnation de responsables danois et groenlandais, qui rappellent que l’annexion d’un territoire souverain serait contraire au droit international.

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SOURCE: FRENCH PRESS TV