La vice-présidente vénézuélienne, Delcy Rodriguez, a fermement condamné l'attaque militaire illégale des États-Unis qui a entraîné l'enlèvement du président Nicolas Maduro et de la Première dame Cilia Flores. Elle a exigé leur libération immédiate et averti que le Venezuela était prêt à se défendre.
S'exprimant lors d'une allocution publique en direct samedi 3 janvier, Mme Rodriguez a qualifié de « barbare » l'attaque menée aux premières heures de la matinée, dénonçant le blocus et le siège imposés par Washington au Venezuela dans le but d'imposer un « changement de régime » et de s'emparer des richesses naturelles du pays.
« Nous exigeons la libération immédiate du président Nicolas Maduro et de son épouse Cilia Flores, le seul président légitime du Venezuela », a déclaré Mme Rodriguez, ajoutant que cette agression avait révélé les vrais objectifs des États-Unis.
« Les masques sont tombés et il est clair qu'ils n'avaient qu'un seul objectif : un changement de régime au Venezuela, afin de s'emparer de nos ressources énergétiques, minières et naturelles », a-t-elle indiqué.
« Ils veulent nous réduire à nouveau en esclavage. Nous ne serons plus jamais des esclaves, nous ne serons jamais la colonie d'aucun empire, quel qu'il soit », a-t-elle martelé.
Mme Rodriguez a déclaré que le gouvernement était prêt à défendre le pays et ses ressources, soulignant l’indignation que cet « enlèvement illégal et illégitime » a suscitée au sein de la population. Elle a exhorté les citoyens à garder leur calme face à l'évolution de la situation.
Ses propos interviennent après que le président américain Donald Trump a annoncé l'intention de Washington de prendre le contrôle du Venezuela pendant une période transitoire à la suite de l'enlèvement de Maduro et Flores.
Lors d'une conférence de presse en Floride, Trump a affirmé que les États-Unis « dirigeraient » le Venezuela jusqu'à une transition du pouvoir « sûre, appropriée et judicieuse ». Il a précisé que des membres de son administration superviseraient la « gouvernance » pendant cette période, mentionnant notamment le secrétaire d'État Marco Rubio et le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth.
Trump a, par ailleurs, prétendu que des forces américaines étaient déjà présentes au Venezuela, sans toutefois fournir de preuves immédiates.
L’attaque a été lancée aux premières heures de samedi, lorsque l’armée américaine a procédé à des frappes coordonnées visant des cibles civiles et militaires à Caracas ainsi que dans plusieurs autres localités.
Quelques heures plus tard, Trump a déclaré que Maduro et Flores avaient été kidnappés pendant l'attaque et exfiltré du pays.
Des responsables américains ont affirmé que le couple se trouvait à bord d'un navire de guerre américain en route pour New York afin d'y être jugé pour des « accusations criminelles ».
L'agression militaire américaine faisait suite à des mois de pression croissante sur le Venezuela, notamment un renforcement des forces en Amérique du Sud et des attaques dans l'est du Pacifique et les Caraïbes que Washington prétendait être liées au trafic de drogue, une allégation précédemment rejetée par Maduro comme prétexte à une attaque contre le pays.