L’Iran a mis en garde les États-Unis contre toute ingérence dans ses affaires intérieures, promettant une riposte « rapide, décisive et inclusive » à tout acte d’agression, à la suite des propos menaçants du président américain Donald Trump.
Dans un communiqué publié vendredi 2 janvier, le ministère iranien des Affaires étrangères a fermement condamné les propos interventionnistes et irresponsables de Donald Trump et d’autres responsables américains, affirmant que de telles positions s'inscrivaient dans la lignée de « l’approche intimidante et illégale » de Washington à l’égard de la nation iranienne.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a estimé que ces propos constituaient une violation flagrante des principes fondamentaux de la Charte des Nations unies et du droit international, notamment en ce qui concerne le respect de la souveraineté nationale. Il a averti qu’ils équivalaient à une incitation à la « violence et au terrorisme » contre les citoyens iraniens.
Rappelant un long antécédent d’ingérences criminelles des administrations américaines successives dans les affaires intérieures de l'Iran, le ministère a rejeté les allégations des États-Unis selon lesquelles ils se soucieraient du peuple iranien, les qualifiant d’hypocrites dont l'objectif est de tromper l’opinion publique et de dissimuler les crimes passés et en cours contre les Iraniens.
Le communiqué a évoqué la complicité des États-Unis dans le coup d’État de 1953 contre le Premier ministre iranien de l’époque, Mohammad Mossadegh, leur coopération avec le régime de l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein durant la guerre de huit ans imposée à la République islamique dans les années 1980, le ciblage de l'Airbus d'Iran Air (vol 655) par un navire de guerre américain en 1988, qui a tué 300 civils, ainsi que des décennies de sanctions visant les moyens de subsistance et les droits fondamentaux des civils iraniens.
Le texte faisait aussi référence à la collusion des États-Unis avec le régime israélien lors de la guerre illégale menée par le régime de Tel-Aviv contre l’Iran en juin 2025, qui ciblait les infrastructures vitales du pays et ses installations nucléaires protégées, et qui a conduit à l’assassinat de scientifiques, de responsables et de civils iraniens, y compris de jeunes enfants.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a par ailleurs souligné la responsabilité du Conseil de sécurité et du secrétaire général de l’ONU, en vertu de la Charte des Nations unies, de préserver la paix et la sécurité internationales face à l’unilatéralisme agressif de Washington.
Le communiqué a déclaré que les Iraniens ne toléreraient aucune « ingérence étrangère malveillante » dans leur dialogue et leurs échanges visant à résoudre leurs problèmes internes.
Il a également estimé que les récentes menaces américaines s’inscrivaient dans le cadre de la politique du régime israélien visant à exacerber les tensions dans la région.
Le texte a averti que la responsabilité des conséquences de toute situation résultant d’une nouvelle agression américaine contre l’Iran incomberait entièrement aux États-Unis.
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Ces propos faisaient suite à une publication de Donald Trump sur les réseaux sociaux dans laquelle il menaçait l’Iran et prétendait que les États-Unis étaient prêts à une action militaire en réponse à ce qu’il qualifiait d'action potentiellement musclée du pays contre les manifestations sporadiques liées à la chute du rial, la monnaie iranienne.
Réagissant également à cette publication, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, a déclaré que les Iraniens ne toléreraient aucune ingérence étrangère dans leurs affaires intérieures. Il a souligné qu’un examen des actions américaines menées sous prétexte de « sauver le peuple iranien » révélait la réalité qui se cachait derrière la prétendue « empathie » de Washington.
Il a affirmé que les États-Unis brandissaient désormais la menace d’une attaque contre l’Iran sous couvert de compassion, en violation flagrante du droit international.
De son côté, le président du Parlement iranien, Mohammad-Baqer Qalibaf, a averti que les propos de Donald Trump équivalaient à un aveu officiel d’intentions hostiles. Il a déclaré que tous les centres et forces américains dans la région deviendraient des « cibles légitimes » en cas de nouvel aventurisme américain.
Il a précisé que la République islamique faisait la distinction entre les véritables manifestants et les éléments soutenus par l’étranger, affirmant que les Iraniens avaient toujours fait front commun face aux menaces extérieures.
Plus tôt, le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Ali Larijani, avait lui aussi mis en garde Washington, déclarant que toute ingérence américaine dans les affaires intérieures de l’Iran déstabiliserait la région et porterait atteinte aux intérêts américains.